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 « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.

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Liberté Enfantine
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MessageSujet: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Ven 11 Jan 2013, 16:14


« Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. »


LIBERTÉ ENFANTINE & ÉPHÉMÈRE ARGENTÉE.
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« La malchance est un oiseau déplaisant qu'il faut empêcher de se poser sur soi. »

Cela faisait longtemps, trop longtemps que Liberté Enfantine n’avait prit le temps de s’échapper un peu pour profiter du temps qui passe. Occupée, débordée dirais-je même, elle en avait oublié que faire une pause, c’était parfois la meilleure des choses à faire. Depuis quelques temps déjà, elle se surpassait dans les tâches pour son clan, et la chasse lui prenait la totalité ou presque de son temps. Un peu triste depuis quelques jours déjà, c’était comme si s’occuper avait été un moyen de faire le vide dans son esprit. Il y avait également eu l’arrivée de Petit Chant, jolie chatte qu’elle avait adoptée après l’avoir trouvée. Cette histoire n’avait pas fait trop de bruit au sein du clan, sans doute parce que le gibier ne manquait pas, et que même si ce n’était pas dit tout haut, tout le monde savait que tous les clans cherchaient à se renforcer pour vaincre la menace qui planait au dessus de tous : Le clan du crépuscule. Liberté Enfantine devait bien avouer qu’elle avait eu peu. Elle n’avait pas participé à la patrouille qui avait fait la rencontre de chats ennemis sur leur territoire, et ne s’était par conséquent pas battue … Mais cela n’avait pas empêché le fait qu’elle ait eu peur, dans les jours qui suivirent, de sortir sur son propre territoire. Elle s’en était d’ailleurs sentie totalement ridicule, et toute peur avait disparue depuis qu’elle s’était persuadée que dans tous les cas, se battre ou ne pas se battre, ce serait un jour inévitable. Ce jour là, donc, elle avait décidé que sortir ne lui ferait aucun mal, certaine qu’elle avait bien assez chassé durant des jours, pour se permettre de se poser une journée entière. Et puis sa tristesse passagère avait disparue, maintenant elle se sentait pleinement heureuse, n’ayant plus envie que de profiter de la vie qui s’offrait à elle. Alors ainsi assise près de son nid de mousse dans la tanière des guerriers, Liberté Enfantine venait à peine de se réveiller. Les membres encore tout ankylosés par le froid de la nuit, elle s’étira lentement, patte par patte. Dehors le soleil venait à peine de se lever, et la rosée perlait sur la végétation et sur les branches des arbres, totalement dépourvues de feuilles en cette saison hivernale. L’air était frais et humide, et la belle chatte blanche ne tarda pas à sortir de la tanière, contente de s’être levée tôt. Les faibles rayons de soleil ne réchauffaient pas encore l’atmosphère, et le ciel restait strié d’orangé et de plus rose. Quelques nuages blancs flottaient dans le ciel, peu nombreux, semblant être les oublis de la journée précédente qui avait été plutôt grise. Mais aujourd’hui allait être une belle journée, le paysage en montrait déjà tous les signes. Liberté Enfantine, une fois sa contemplation du ciel terminée, marcha en direction du tas de gibier où elle choisit un petit poisson donc les écailles se reflétaient d’argent et de saphir. Il ne lui fallu que peu de temps pour achever son déjeuner, et la guerrière ne perdit pas une minute avant de s’extirper hors du camp à vive allure. Elle n’avait qu’une seule envie, se défouler un peu. Accélérant alors sa course, elle filait à présent entre les arbres, aussi rapide qu’un chevreuil. Bondissant joyeusement au dessus des branches qui jonchaient le sol, elle ne s’arrêta qu’une fois la frontière de son territoire en vue. Essoufflée mais radieuse, et s’approcha au pas de la limite, où elle s’assit, haletante et souriante. La chatte immaculée jeta quelques coups d’œil autour d’elle, et constata qu’elle était bien seule. Il lui fallu quelques minutes avant de reprendre complètement son souffle, et ce fut seulement une fois qu’elle eu récupéré qu’elle observa réellement les alentours. De l’autre côté, c’était le territoire du tonnerre, où elle reconnu les rochers aux serpents. De son côté, pas grand-chose à part des arbres et … Des arbres. Un chant d’oiseau s’éleva dans le ciel, et Liberté l’écouta jusqu’à ce qu’il s’arrête. Durant des minutes encore, les notes de musique résonnèrent dans la tête de la guerrière, comme une douce mélodie du bonheur. Sans savoir pourquoi, elle se sentait toute heureuse ! Énergique et pleine de folie, Liberté Enfantine trépignait presque comme un jeune chaton qui attend de pouvoir jouer avec ses amis. Seulement elle … Elle était seule. Déçue de réellement le constater car elle aurait tant aimé pouvoir partager sa joie avec ses amis, son sourire s’estompa petit à petit, tandis qu’elle s’assit. Elle n’avait jamais eu beaucoup d’amis au sein de son clan et même des autres clans, mais ce nombre restreint de personne lui suffisait amplement. Bien que certains n’étaient pas des amis de profonde confiance, et qu’elle n’avait de toute façon jamais eu de relation comme celle-ci, elle aimait ces gens là qui comptaient tant pour elle. Sans compagnie, c’était évident qu’elle ne serait rien, rien qu’une petite gouttelette d’eau portée par le vent et qui se serait écrasée contre des roches. Elle ne serait rien oui, parce que sa joie si souvent présente, sa force de vivre et son envie de vivre si impressionnantes, ne méritaient pas complètement d’être vécues si ce n’était pas pour les partager. Les yeux rivés en face d’elle sur un point invisible, Liberté sourit en pensant à ses camarades, à ses amis. Aussi rares étaient-ils, ils pouvaient compter sur elle.

Tirée de ses pensées par un frissonnement des buissons derrière elle, la guerrière ne bougea pourtant pas. Puis un bruit étrange s’approcha d’elle. Elle sursauta, et se retourna vivement, le cœur soudain battant. Ce qu’elle vit alors lui arracha un miaulement de détresse, et elle eu si peur que son premier réflexe fut de bondir en arrière pour fuir. Un énorme serpent vert s’était dressé devant elle, et sa langue sifflait. Que faisait-il ici, en cette saison ? Elle ne prit pas le temps d’y réfléchir, et ne voulu même pas le savoir. Il était là, c’est tout, et elle ne le voyait que trop bien. Ce qu’elle ne vit pas en revanche, c’est la frontière qu’elle traversa dans sa folie. Prise de panique, elle se tenait face au serpent et reculait, tandis que lui avançait vers elle, l’œil mauvais. Ses écailles vertes et grilles reflétaient le soleil, et Liberté Enfantine fut un instant secouée d’une vraie onde de peur. De frayeur, de terreur même. Bien qu’essayant de garder son calme, la chatte de blanche ne pu s’empêcher de reculer encore et encore, pénétrant à chaque pas un peu plus dans le territoire du tonnerre. Quand un arbre se dressa derrière elle, lui barrant le passage, elle se tapit contre son écorce, les pattes arrière toutes repliées. Il lui fallait de l’aide ! Une morsure pouvait s’avérer mortelle, et elle n’avait pas envie de mourir. Pas maintenant. Un miaulement de détresse s’éleva dans les airs, aussi fort que le cri d’un aigle, perçant même le vent, s’échappant au-delà des arbres et des rochers. Le reptile ondulait en s’approchant de la jeune chatte, mais s’arrêta au même instant que celle-ci fut bloquée. De ses deux pupilles noires, il fixait la féline, la gueule grande ouverte, laissant ses deux incisives apparaître. Voulait-il l’impressionner ? Si tel était le cas, alors c’était réussi ! Espérant qu’on ai entendu ses cris d’alerte, la guerrière se ravisa aussitôt lorsqu’elle s’aperçut qu’elle n’était plus sur ses terres. Quelle idiote ! Pouvait-elle encore fuir ? Peut-être. Mais elle ne le fit pas, trop tétanisée. Peut-être était-ce un serpent inoffensif, mais peut-être pas ! Et Liberté Enfantine était bien trop craintive pour tenter une esquive, qui aurait pu lui être fatale. Tapie contre l’arbre, elle pria le clan des étoiles de lui venir en aide, et pria surtout pour que ce soit un chat de son clan qui la trouve en aussi mauvaise posture, sur un territoire qui n’était pas le sien. Quelques instants plus tard, par delà le sifflement de l’animal qui se dressait devant elle, elle cru entendre le frissonnements des feuilles dans son dos mais …

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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Sam 19 Jan 2013, 12:17

« Ask me your questions. »


« Le Printemps »

Ou comment répandre le renouveau en ajoutant verdure et bourgeons...



« La Peur pousse parfois à faire des choses qu'on ne soupçonnait pas... Bien que la réaction suivante puisse nous surprendre. »

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    Printemps. Un mot, un seul, qui redonnait vie et espoir à la nature et à ses habitants. L'harmonie présente gorgeait les végétaux pour en faire un océan tout de rose et d'émeraude. Les arbres, jusqu'à présent dénudés de toute feuille, étaient couverts de bourgeons rosâtres et printaniers. Parfois, sur la pelouse verte et grasse, la neige était encore présente, parsemant l'émeraude de blanc cristallin et scintillant. Les ruisseaux striaient la forêt de lignes d'argent limpide, et les fleurs, plus que jamais, coloraient les clairières de joyaux chatoyants. La lumière transperçait les branches des végétaux pour répandre sa lumière dorée et ambrée sur la pelouse, et les oiseaux chantaient leur mélodie aiguë de leur voix merveilleuse.

    Printemps.

    Les coussinets d'Ephémère Argentée foulaient le sol en un rythme régulier. Elle aimait profiter pleinement de cette liberté si éphémère. Sous ses pattes, le sol terreux et humide était parsemé de plantes en floraison, qui dégageait un parfum doux et délicat. Elle profitait. Un sourire ravi se dessina sur son visage. Une brise légère et aérienne vint ébouriffer son pelage blanc immaculé, et de nouveau, elle se sentie libre. Sa course s'accéléra, et Argent entendit le vent souffler à ses oreilles fragiles. Cette comptine aérienne redonna vie à Ephémère Argentée. Elle comprit qu'elle avait bien fait, de s'évader, de se poser, que cela avait été la meilleure chose à faire. Car en ces temps-ci, en raison de sa dernière nomination en temps que guerrière, elle avait dû prouver, qu'elle serait utile, car elle le savait, qu'elle n'avait pas été une bonne apprentie. Chatte domestique, rencontre puis amitié avec une ennemie, elle s'attirait l'animosité de beaucoup. Alors elle s'était plongée dans les travaux du camp, jusqu'à s'exiler des autres, elle ne pensait plus, ne réfléchissait plus, elle faisait, sans broncher, sans tenir tête. Sans oublier la minime disponibilité des guerriers les plus expérimentés, les frontières devaient être surveillées, souvent, en raison de l'ombre qui planait sur eux, sur eux tous. Le clan du Crépuscule. Puis un jour, elle en avait eu assez. Elle avait fait sa rebelle. Elle n'avait pas eu peur des conséquences, d'une possible rencontre face aux ennemis. Non, elle n'avait même pas pensé à cela. Cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'était pas sortie, pour autre raison que la chasse. Certains avaient trouvé cela déplacé, de se révolter d'une telle manière, du jour au lendemain, si soudainement. Mais elle les avait ignoré. Elle était parti le matin même, quand les perles de rosées avaient noyé le sol de leurs larmes flamboyantes. Elle avait désobéi. Mais Argent avait appris, à faire face à ses faiblesses domestiques. Beaucoup profitaient d'elle pour la laisser faire les tâches les plus désagréables. Mais clairement, en s'éloignant, elle avait dit non, à tous cela. Et maintenant, elle ne savait pas où elle allait. Du moment qu'elle s'éloignait, pour voir d'autres horizons, cela lui irait. Assez parlé de ses problèmes, dirai-je, en ce moment même, elle était heureuse. Elle était Libre. Revenons dans le présent. Ephémère Argentée ralentit, essoufflée, puis s'arrêta. Elle s'assit, étira ses longs membres gracieux, but quelques gorgées d'eau limpide et cristalline, et balaya le paysage printanier. Un sourire satisfait se peint sur son visage blanc, épuré par ses deux saphirs d'océan qui reflétaient ses émotions. Le moral lui revint, en raison de la belle saison qui ne tarderait pas. Même si le soleil présent ne suffisait pas à réchauffer le monde, rares étaient les nuages blancs et cotonneux. Elle étudia longuement le paysage alentour, mais ne réussi pas à identifier l'endroit où elle se trouvait. Elle se trouvait sur un sol rocailleux, dénudé de toute végétation, et un son lointain résonnait. Le son de l'eau qui s'écoule doucement, dans un bruit mélodieux. Elle crut percevoir également un cri, de désespoir, de détresse, un cri dans lequel résonnait une mélopée de terreur. Curieuse, elle se leva, se rapprocha, attentive. Ses prunelles bleutées reflétant son intérêt. Quand un deuxième hurlement résonna, plus terrifié encore que le précédent, ses membres se mirent à trembler, et elle eut peur. Elle se rapprocha, puis franchit les fourrés qui semblait la séparer du son paniqué. Et ce qu'elle vit la fit pâlir, comme peut pâlir un chat. Une chatte merveilleusement belle, plaquée contre un tronc épais, tentait de reculer dans des espoirs vain. Devant elle, un serpent, gros, vert, terrifiant, sifflait, ondulant sa langue dans un geste d'intimidation. Argent voulut reculer, mais l'épine d'un des fourrés lui transperça la chair. Elle étouffa un aigu miaulement de douleur, ferma les yeux, et attendit, attendit que le cauchemar se dissipe, pour laisser place à la tanière, à son confortable lit de mousse. Mais toujours, le sifflement haineux se faisait entendre, tel une musique l'invitant à la peur. Elle rouvrit les yeux, et constata avec stupeur que le reptile avançait sans cesse, moqueur envers ses victimes. Elle feula, fit le gros dos, fouetta l'air de ses pattes, griffes sorties, mais le reptile reculait pour avancer de plus belle. Dans un dernier espoir, elle espéra que la féline à ses côtés allait vaincre sa peur, les sauver toutes deux, mais elle était aussi pétrifiée qu'Argent. Bientôt, cette dernière, dans un dernier geste d'espoir et de survie, se tint dignement devant l'animal, et... le griffa furieusement. Le serpent siffla et ondula tout son corps, haineux. Argent hérissa ses poils sur son échine, intimidante, et le mordit à la nuque. Les yeux du reptile devinrent vitreux, mais il ne mourut pas. Il rampa furieusement, toujours en sifflant, dans la direction opposée à ses deux victimes, et bientôt, ne fut plus qu'un point vers le lointain. Puis les pattes d'Argent se dérobèrent sous elle, et elle perdit connaissance...


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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Mar 22 Jan 2013, 21:09

« Les opportunités apparaissent le plus souvent
sous la forme de malchance ou d’échec temporaire. »


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« Don't let fear take the control of you. »

Derrière elle, les buissons frissonnaient et la guerrière ivoire reconnu sans mal l’odeur qui venait atteindre son museau rosé. Une chatte, du Clan du Tonnerre. En plus de ce serpent, voilà qu’un ennemi la trouvait sur son territoire ! Qu’allait-elle dire ? Dans tous les cas, Liberté Enfantine ne pouvait pas fuir. Ce fut une chatte blanche comme elle qui s’approcha tout près, constatant le serpent qui fixait ses victimes sans jamais cesser son sifflement oppressant qui bientôt, semblait devenir l’hymne de cette peur qui envahissait les deux chattes. On aurait dit que ce reptile lisait dans leurs yeux, cette peur si intense. Peur de la mort, dans le cas de la guerrière de la rivière. La chatte du tonnerre avait les mêmes yeux bleus que Liberté, qu’elle gardait écarquillés en fixant leur ennemi. Toutes deux se sentaient, mais ne se regardaient pas, bien trop concentrée sur l’animal qui se rapprochait dangereusement des deux femelles. Elles ne se connaissaient pas encore, et la féline de l’eau ne se souvenait pas l’avoir vu une seule fois, même aux assemblées. Par conséquent, elle en ignorait tout jusqu’à son nom. Elles se ressemblaient beaucoup, quoique Liberté Enfantine avait un pelage plus long, et semblait plus âgée. L’autre … Semblait également ne pas avoir le même caractère qu’elle. Bien sûre d’elle, surmontant sa peur par l’action, elle feulait, toutes griffes dehors, fouettant l’air de sa queue et de ses pattes dont une seule violente griffure, si elle était bien placée, aurait pu couter la vie au serpent qui sifflait. En une fraction de seconde, la guerrière du tonnerre fondit sur sa proie, lui affligeant un violent coup de mâchoire accompagné de griffures qu’elle ne retenait plus. Liberté Enfantine, campée sur sa position, observait la scène avec effroi et admiration. Jamais elle n’aurait eu le courage de cette chatte là ! Et avant même d’avoir pu lui parler, elle la remerciait déjà intérieurement, de tout son cœur. Sans doute venait-elle de leur sauver la vie à toutes les deux. Le serpent s’éloignait pour bientôt devenir invisible dans la végétation, sur l’œil attentif des deux chattes qui ne perdaient pas une seconde de cette fuite. Liberté se retourna vers la minette blanche, entrouvrit la gueule et … La regarda s’écrouler au sol dans une lourde chute. Paniquée, la guerrière de la rivière se leva d’un bond, s’approchant de la femelle, le cœur battant. S’était-elle fait mordre dans le combat ? Elles avaient besoin d’aide ! Mais qui appeler ici ? Qui les entendrait et viendrait à leur secours ? Les lieux étaient sinistrement déserts en cette matinée d’hiver … Alors elle s’approcha un peu plus du visage fin de la chatte, et d’un délicat mouvement de la patte, essaya de la réveiller. Elle se connaissait ni le remède contre le poison, ni contre celui de la peur. Peut-être cette chatte avait-elle simplement succombé à une accélération trop rapide de son cœur ? C’était tellement difficile à dire ! Et elle n’était pas là pour y répondre, la principale concernée. Alors doucement, Liberté Enfantine se mit à la recherche d’une quelconque trace de morsure sur son corps, mais son pelage épais ne lui facilitait pas la tâche. Se résignant à toute recherche au bout de quelques minutes, elle ne savait plus que faire, et s’assit près de la chatte, la fixant avec horreur. Et si elle mourrait simplement parce que Liberté Enfantine n’aurait osé aller chercher de l’aide au camp le plus proche –celui du tonnerre donc-, par peur d’être grondée par son clan ? Elle avait le regard froid et vide, empli juste d’une peur énorme, une boule qui lui bloquait le ventre.

Mais avant d’avoir pu se décider à partir, la guerrière blanche dont l’esprit s’était envolé le temps de quelques instants, sembla reprendre la vie et la raison. Liberté Enfantine accouru près d’elle, se sentant libérée d’un énorme poids qui, en plus de la terreur des minutes précédentes, l’avait complètement exténuée. Elle avait eu sa dose de sensations fortes pour la journée ! Et même pour la semaine avenir, sans aucun doute. S’asseyant près de la chatte qui lentement, s’était éveillée, la féline de la rivière semblait déjà prête à l’accabler de questions … Ce qu’elle ne pu, de toute évidence, pas se retenir de faire.

- Au nom du clan des étoiles, que s’est-il passé ? Merci infiniment de nous avoir sauvées, de l’avoir fait fuir … Mais comment vas-tu ? T’a-t-il blessé ? Voudrais-tu … Que j’aille chercher de l’aide dans ton camp ? Je peux te ramener si tu ne te sens pas en état de marcher, ou … Aller te cherche à boire un peu plus bas. Ton cœur bat-il vite ? Oh, je me suis tellement inquiétée !

Et elle n’en avait pas fini, d’être inquiète. Avalant lentement sa salive, elle se tût, consciente que ce n’était peut-être pas le moment de se montrer si … Faible, face à l’inquiétude qui l’avait envahit. Elle devait la laisser respirer un peu ! Pourtant, elle gardait à l’esprit que s’il elle s’était faite mordre, si le venin était dangereux, alors elle devait l’aider au plus vite. S’étant un peu reculée en position de faiblesse, étant donné que Liberté Enfantine n’était même pas sur son territoire, elle aurait aimé que cette chatte lui dise pourquoi elle s’était soudain évanouie. Mais peut-être ne le savait-elle pas elle-même ? Liberté Enfantine s’assit, enroula sa queue autour de ses pattes et sourit timidement, ne sachant pas encore comme réagir, que dire et que faire. Elle ne connaissait pas cette chatte, et peut-être était-elle une jeune rabougrie peu sociable et prête à lui arracher les oreilles pour l’avoir fait risquer sa vie ! Mais dans tous les cas, elle se sentait obligée de rester. Simplement parce qu’elle lui était extrêmement reconnaissante d’avoir fait fuir le serpent. Liberté Enfantine n’était pas du genre trop craintive, et même plutôt courageuse … Mais elle s’inquiétait vite, et il lui arrivait, oui, d’avoir ce genre de moments de frayeur. Immobile, elle fixait la féline blanche, leurs deux yeux se mêlant les uns aux autres. Elles étaient le portrait craché l’une de l’autre, c’était … Incroyable. Pour détendre l’atmosphère, et sans doute … Pour se détendre elle-même, Liberté laissa sa douce voix s’élever dans les airs.

- Je m’appelle Liberté Enfantine, du … Clan de la Rivière.

Elle hésita en prononçant ces derniers mots, bien consciente qu’elle n’avait rien à faire sur ce territoire qui n’était pas le sien. Mais ce n’était pas de sa faute si elle s’était retrouvée du mauvais côté de la frontière ! Elle n’avait fait que fuir le reptile, simplement. Elle espéra alors que son interlocutrice ne lui en voudrait pas trop, et qui sait … Qu’elle fasse pour une fois une jolie rencontre.

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[J'ai juste un peu 'joué' ta chatte pour dire qu'elle se réveillait, j'espère que ça ne te dérange pas ? (: C'est juste que sinon je n'avais pas d'idées pour faire un peu avancer les choses. xD Mais je peux changer si tu avais prévu quelque chose d'autre. :3]
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Ven 25 Jan 2013, 18:18

« Ask me your questions. »


« Chaque seconde est un évènement. »

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    Du vide. C'est tout ce qu'apercevait Ephémère Argentée. Le noir immaculé remplissait intégralement son champ de vision. Puis une faille lumineuse déchira les ténèbres. La lumière l'aveugla et ses pupilles ne devinrent plus que deux lignes presque invisibles. Elle papillonna des yeux, ses prunelles azurées tachant son pelage blanc de pureté glacée. La première chose qu'elle vit fut un visage blanc, tout comme le sien, penché sur elle, les deux prunelles écarquillées la fixant d'un regard inquiet et vitreux. Puis ledit regard s'alluma de soulagement, et la personne articula difficilement, sa mâchoire étant crispée :

    - Au nom du clan des étoiles, que s’est-il passé ? Merci infiniment de nous avoir sauvées, de l’avoir fait fuir … Mais comment vas-tu ? T’a-t-il blessé ? Voudrais-tu … Que j’aille chercher de l’aide dans ton camp ? Je peux te ramener si tu ne te sens pas en état de marcher, ou … Aller te cherche à boire un peu plus bas. Ton cœur bat-il vite ? Oh, je me suis tellement inquiétée !

    La féline inclinait la tête de tous les côtés, affolée. Elle paraissait étrangère, ce que prouvait son odeur. Mais avait l'air de réellement s'inquiéter pour Argent. Cette dernière en fut touchée. Son coeur battait difficilement, et ses membres semblaient ne plus lui obéir, pétrifiés. Elle fut confuse de s'être montrés si faible en tant que guerrière.  Elle prit connaissance des paroles de la jeune chatte. Argent trouva généreux et attentionné pour une « ennemie » d'être si gentille. L'inquiétude de l'inconnue lui apparut comme un bonheur bienfaisant qui lui prouvait qu'elle n'était pas encore totalement translucide. Qu'elle existait. Un sourire fragile apparut sur son visage, lui apportant un éclat cristallin. Qui fut imité par la féline encore anonyme. Le soleil était à son zénith et répandait une lueur fraîche et ambrée. L'éclat oranger suffisait à apporter la vie à cette morne journée. Le pelage des deux chattes banches se coloraient d'étincelles fauves, étant presque caméléons. Une brise légère soufflait entre les parois des rochers, diffusant son son dans un souffle de chaleur.

    __________

    Puis la féline reprit, un peu remise du choc reptilien :

    - Je m’appelle Liberté Enfantine, du … Clan de la Rivière.

    Sa voix apaisante s'éleva dans le vent, pour s'envoler puis se confondre avec les sons champêtres. Une seconde fois, Ephémère Argentée lui offrit un sourire.

    -Merci, c'est gentil à toi. Je suis Ephémère Argentée. Navrée de t'avoir tant fait peur, je suis assez influençable par mes émotions. J'ai été... Terrorisée.

    Ce dernier mot s'abattit sans douceur, sans gentillesse. Il tomba, brisant cet apaisant moment. L'inconnue sursauta devant tant de brutalité. Argent regretta ses mots, navrée. Elle essaya de se lever de ses pattes encore frêles et tremblantes. Ses membres ankylosés semblaient s'éveiller d'un long sommeil, et ils la faisaient souffrir. Elle lâcha un petit miaulement aigu de douleur. Elle adoucit la situation en souriant à Liberté Enfantine, lui montrant qu'elle ne lui en voulait point. Les frontières, voilà bien une chose dont elle se fichait ! Pour elle, il n'y en avait point. Et puis, comment chasser une personne si attentionnée ? Après tout, elles pourraient devenir amies ? Ephémère Argentée n'aimait pas les relations aiguisées. Elle espérait qu'un jour, l'utopie qu'elle souhaitait entre les clans naîtraient. Ephémère Argentée sursauta au son du vent qui soufflait à ses oreilles, tel un sifflement, une mélopée. -Excuse-moi, peut-on s'éloigner un petit peu ? Je ne suis pas très à l'aise.Un fond d'amusement pointa dans sa voix. Liberté Enfantine hocha la tête, compatissante et amicale. Elles s'éloignèrent de quelques pas. De réelles étincelles de bonheur dansaient dans les saphirs d'Ephémère Argentée. Peut-être le bonheur n'était-il pas si inaccessible ? Peut-être se méritait-il en fonction de notre amabilité ? Car le bonheur était un sentiment qui habitait en ce moment même Ephémère Argentée. Et, qu'il était agréable ! tel un antidote pour panser les plaies dont elle avait tant souffert. Pour lever un nouveau jour sur la noirceur de ses pensées. Pour aider un être oublié.Les cieux, tachés de coton angélique et soyeux, déployaient une infinité d'azur et d'argent autour du soleil, globe d'or et d'ambré. Tel un tapis vermeil, ses rayons s'allongeaient sur les premières merveilles vegétales pourpres du printemps. Les petits et fins ruisseaux d'argent suivaient leur cour, dévoilant à leur passage un son enfantin et relaxant. De petits oiseaux joyeux chantaient leur joie dans le silence incertain. Une douce brise vint légèrement ôter les quelques pétales rougeoyants des coquelicots, qui ondulaient sous la puissance dominante du vent. Le ciel bascula bientôt au rose, presque pourpre immaculé, ce qui fit régner une atmosphère lourde, dangereuse et incertaine. Diabolique. Alors, Ephémère Argentée se laissa gagner par la paix qui l'envahissait soudain.
Désolée, j'ai juste un peu joué Libé, dis-moi si cela te dérange !


Dernière édition par Ephémère Argentée le Dim 27 Sep 2015, 19:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Dim 27 Sep 2015, 00:11


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« Kindness. »

Liberté Enfantine était face à la guerrière blanche du clan du Tonnerre. Elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, et il était fort probable que si quelqu’un les apercevait de loin il aurait pu croire qu’il voyait une silhouette et son reflet. La chatte se présenta à son tour, et Liberté trouva son nom magnifique. Il était doux, mélodieux, et l’image que Liberté s’en faisait était l’une des plus belles choses que l’on pouvait imaginer. En plus d’être jolie, son interlocutrice portait un nom tout aussi magnifique. Décidément, elle semblait avoir tout pour elle ! Éphémère Argentée entraîna la guerrière de la Rivière un peu plus loin, ce qui ravi cette dernière. Pas question de rester ici plus longtemps. Le serpent avait beau être mort, tout le monde savait qu’il n’y en avait de toute évidence pas qu’un seul ici, et qu’il valait mieux ne pas traîner dans les parages très longtemps. Liberté suivait la femelle blanche, silencieuse. Elle observait tout autour d’elle, et la nature semblait s’offrir à ces deux félines qui marchaient gracieusement. Une fois assez éloignées de la zone dangereuse, les deux guerrières s’arrêtèrent. Liberté Enfantine resta debout un moment, observant les arbres et les jeunes fleurs, et laissant le parfum de la forêt venir jusqu’à elle. Le paysage était différent de celui de son clan, et elle ne put que constater que le clan du Tonnerre avait aussi de très belles terres. C’était incroyable à quel point Liberté Enfantine regrettait l’existence des frontières. Qu’il aurait été beau de pouvoir aller où bon nous semble ! Aller tantôt dans un bois, tantôt dans une plaine, tantôt vers la rivière et tantôt dans des forêts plus profondes … Elle aimait son clan plus que tout, mais elle était triste de constater que bon nombre de choses échappaient à chacun du fait des frontières. Et elle n’aimait pas se sentir limitée, cloitrée dans un territoire dont elle aurait voulu pousser les limites à l’infini. La belle soupira, ses yeux se voilèrent d’une once de tristesse. Elle ignorait tant de choses de ce monde qu’elle aurait voulu découvrir. Y compris ce qui se cachait derrière même la forêt de cerfblanc. Mais elle ne se voilait pas non plus la face. Elle savait très bien que sa vie était ici et qu’il valait mieux s’en contenter. Après tout, ils avaient le nécessaire ici. Rien ne lui manquait, et elle était heureuse. Il ne lui fallait rien de plus qu’être entourée d’amour.

Revenant à elle, Liberté Enfantine se tourna vers Éphémère Argentée et s’assit. Elle adressa un sourire à la chatte blanche, et la regarda un peu plus. Elles étaient assises au milieu des fleurs, et l’air du printemps emplissaient leurs narines. C’était une odeur tellement agréable que cela suffit à terminer d’apaiser l’inquiétude et le stress qui avaient découlé de leur attaque du serpent. Liberté se demanda si la femelle du tonnerre n’allait pas garder des séquelles de sa bataille, et elle espéra que non. Si elle n’avait pas été mordue, elle devrait se remettre vite. Mais la féline d’eau ne put s’empêcher de rajouter pour clore le sujet :

« Tu ferais quand même mieux d’aller consulter votre guérisseur quand tu rentreras, je n’aimerais pas que ce serpent t’ai mordue ou blessée ! Il vaut mieux vérifier. J’espère que ça va mieux en tout cas, Éphémère Argentée. »

Elle sourit. Comme toujours. C’était un peu ça, Liberté Enfantine, un sourire ambulant ! Une boule d’amour et de bienveillance.

« Je suis navrée de m’être retrouvée sur ton territoire, j’espère que ça ne m’attirera pas d’ennuis … D’habitude je fais toujours attention ! Mais là je me suis laissée surprendre par le serpent … Enfin bref, je ne vais pas t’embêter longtemps de toute façon. En tout cas, je voulais te dire que je t’admire beaucoup, tu as eu un courage incroyable ! Merci encore. J’ai une dette envers toi, maintenant. »

Liberté Enfantine était peut-être un peu maladroite dans ses paroles, elle ne savait pas comment entamer la conversation. Et pourtant, cette chatte l’intriguait beaucoup, elle avait envie d’en savoir plus sur elle et de faire connaissance. Connue pour être relativement sociale, Liberté Enfantine était tout de même réservée ce qui parfois, la bloquait un peu. Mais Éphémère Argentée lui inspirait la confiance, et il semblait que les deux chattes se rendaient mutuellement joyeuses et curieuses. Peut-être était-ce le début d’une belle rencontre … ?


__________________________________________

[Un peu court désolée. :c]
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Dim 27 Sep 2015, 20:48

    Ephémère Argentée


    I can hear the birds
    I can see them fly
    I can see the sky
    It's about to cry


    Castle in the Snow The Avener ft Kadebostany


    De nouveau, il régnait dans la toison argentée un dégradé de bleu, une fresque dans laquelle se diluaient un bleu glacé et une belle teinte céruléenne, que quelques cumulus ouatés et moirés meublaient. L'horizon flou se distinguait derrière un océan d'arborescences ondulant en un même mouvement au gré du zéphyr. Non loin, on pouvait distinguer le grondement de la rivière, un bruit puissant et patibulaire, celui des vagues à l'assaut des falaises, sauvage mais plein de contradictions, farouche mais étrangement apaisant. Les chants des oiseaux parvenaient aux tympans, s'insinuaient dans le corps et l'esprit, pour dénouer les muscles tendus et clore les paupières d'une simple note. Les herbes hautes chatouillaient les sens, et la terre douce était chaude sous les membres, chaque mouvement sur cette surface meuble et onctueuse résonnait au sein des entrailles terrestres, sourds, brefs. La brise satinée taquinait les végétaux et décoiffait les coquelicots sanglants, dont les chevelures rubescentes flottaient paresseusement. Les baies et autres fruits des bois s'empourpraient sous les assauts des rais solaires d'une belle couleur dorée où avaient leur place toutes les teintes lumineuses : de l'indigo le plus pur à l'orange le plus estival, en passant par un bel azur chatoyant.


    Liberté Enfantine, la belle guerrière immaculée du clan de la rivière, posa ses coussinets pâles sur sa queue enneigée, leva son regard comparable aux ondées aurorales sur la belle en blanc du clan adverse ; les deux félines possédaient une ressemblance étonnante, troublante. Même pelage laiteux, lacté, même regard céruléen, comme liquide.
    La belle en blanc du clan des eaux s'adressa à Ephémère Argentée :


    « Tu ferais quand même mieux d’aller consulter votre guérisseur quand tu rentreras, je n’aimerais pas que ce serpent t’ai mordue ou blessée ! Il vaut mieux vérifier. J’espère que ça va mieux en tout cas, Éphémère Argentée. »


    Dans la bouche de la jeune guerrière, le nom de sa compère prenait tout son sens. La voix mélodieuse de la féline lui rendait toute sa fragilité et toute son harmonie. Elle possédait un timbre reconnaissable et distinct, singulier, d'une délicatesse et d'une pureté angélique. Elle était dans la raison. Ephémère Argentée inspecta son beau pelage opalin, éblouissant sous l'astre diurne. Il ne semblait pas souillé d'une quelconque tâche pourpre et poisseuse. Elle entreprit une brève toilette pour s'en convaincre. A présent, la jeune féline pouvait s'en assurer, le serpent l'avait plus effrayée que blessée. Elle souffla, puis inspira une salve d'air frais. Le contact glacé de l'oxygène sur ses lèvres humides lui procurait le plus grand bien, elle pouvait le sentir alimenter chacun de ses muscles tendus, elle pouvait ressentir ses bienfaits sur son organisme. Elle pouvait sentir la vie. Cette vie qui l'habitait sur le moment, qui lui avait tant manquée durant les derniers mois d'un rude hiver glacial et peu clément. Mais dorénavant, elle savait que le plus dur était derrière, et qu'avant le retour des temps immaculés elle pourrait profiter des bienfaits printaniers et estivaux. Juste savourer et attendre, sans songer au lendemain si plein d'incertitudes.

    Liberté Enfantine offrit un chaleureux sourire à l'autre féline, qui dévoila des lèvres rosées et des dents éclatantes. Ce sourire faisait du bien, c'était vrai. Ce n'était rien et pourtant tant de choses. Ephémère Argentée sourit en retour, consciente des bienfaits d'un geste pourtant si ridicule et gratuit.


    « Je suis navrée de m’être retrouvée sur ton territoire, j’espère que ça ne m’attirera pas d’ennuis … D’habitude je fais toujours attention ! Mais là je me suis laissée surprendre par le serpent … Enfin bref, je ne vais pas t’embêter longtemps de toute façon. En tout cas, je voulais te dire que je t’admire beaucoup, tu as eu un courage incroyable ! Merci encore. J’ai une dette envers toi, maintenant. »


    Son interlocutrice s'empressa de répondre :


    « Le territoire? Oh, non, je n'en ai que faire, ne t'inquiète surtout pas ! Si je suis avec toi tu ne devrais pas avoir d'ennui. De plus, nos clans sont dans d'assez bonnes relations, généralement les patrouilles ne se concentrent pas vers se côté-ci de la frontière. A vrai dire elle venait de livrer une sorte de secret, mais elle s'en moquait. Elle leva son beau regard de saphir vers le ciel, et lança dans un élan de confidence : Et puis quoi de plus ridicule que les frontières ? On se persuade, ou du moins on essaye, qu'on est libres, mais c'est faux. Nous sommes tout ce qu'il y a de moins libres. Prisonniers d'un bocal ridiculement restreint, nous n'avons droit qu'à une parcelle de paysage, comme si l'on se collait des étiquettes de préférence de terrain, alors que tout ce que l'on souhaite, c'est s'évader et découvrir de nouvelles choses. Alors c'est vrai, la tradition et l'habitude font que nous avons fini par nous contenter de notre territoire, et que l'on se sent inconfortable sur un autre terrain, mais qui cracherait sur l'occasion de voir de nouveaux paysages, et de tenter de reproduire notre quotidien sur un terrain différent ? On rêve tous d'un surplus de liberté mais personne ne se l'avoue, reste bien comme il faut et crache sur le premier ayant mis un coussinet hors de son territoire, pour une raison x ou y. C'est pathétique. Nous sommes pathétiques. L'idée d'avoir un territoire bien à nous nous donne l'illusion de posséder quelque chose, et cela, notre nature fait que nous aimons. On aime posséder. On adore ça. On s'accroche à des éléments matériels pour pouvoir poser les yeux sur quelque chose de bien réel, parce que l'on ne peut se contenter de frontières invisibles. Il nous faut du concret alors tout ce qui fait l'essence même de notre monde -le temps, l'espace- et ce qui fait de nous des êtres vivants -les émotions, les sentiments- est immatériel. Tout ce qui est bon est immatériel. Mais nous, pleins de superficialité, on persiste à croire que le bonheur est matériel. Alors que c'est faux. Nous sommes ridicules. Elle ramena ses belles pupilles précieuses sur la belle en blanc. Et le fait que tu m'admires, tu sais, il n'y a pas de quoi. J'ai agi par pur réflexe, je crois que le fait que je ne m'y étais pas préparée s'est vu d'ailleurs ! Tu n'as aucune dette envers moi. »


    Le simple fait de sa présence était déjà un présent fait par la jeune chatte. C'était vrai, il n'y avait vraiment pas de quoi l'admirer, elle, monstre de faiblesse, créature de tristesse et de douleurs. Mais pas aujourd'hui. Elle ne voulait pas que ses tourments et ses fantômes vient le hanter en cette journée qui avait si bien commencé. Elle se tourna vers Liberté Enfantine, avec pour projet d'engager la conversation, mais elle n'était pas très douée pour les relations amicales. Alors elle relança simplement ce débat qui tenait tant à coeur, ce pour quoi elle se battait depuis toujours ...


    « Et toi, qu'en penses-tu ?»

    ... La liberté de ces pauvres imbéciles matériels. Elle sourit ironiquement.
    Qu'elle était généreuse.
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Mar 29 Sep 2015, 21:19

◮ LIBERTÉ ENFANTINE.




« La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve.
Et vous aurez vécu si vous avez aimé.
»

Quand Liberté Enfantine demanda à Éphémère Argentée de vérifier qu’elle ne s’était pas fait mordre, c’est ce qu’elle fit sur le champ. Elle entama une toilette complète et ne trouva pas de trace de sang ou de morsure. La guerrière de la rivière soupira, elle était soulagée. Voilà une inquiétude de moins. Liberté Enfantine sourit, puis la féline du tonnerre s’empressa de répondre à la seconde remarque de son interlocutrice. Libé buvait ses paroles, écoutant le moindre mot qu’elle prononçait. Elle parla de liberté, de frontières, de règles, de toutes ces absurdes règles. Elle parla si sincèrement que la guerrière de la rivière en fut émue. C’était incroyable, à quel point elle avait raison. A quel point ces frontières qu’on nous imposait, ces modes de vie qu’on nous forçait à avoir, tout ce que l’on avait n’était qu’une immense mascarade pour cacher la réalité qui était la suivante : On faisait croire à une liberté qui n’existait pas. Liberté Enfantine aurait dû se sentir honteuse, elle faisait partie de ceux qui s’efforçaient d’être heureux et de défendre ce qu’ils avaient … Mais au plus profond d’elle, elle savait qu’Éphémère Argentée avait raison. Ca n’était qu’une manière de se consoler. Mais n’était-ce pas essentiel, après tout ? Après sa tirade, la belle guerrière blanche se tut. Liberté Enfantine baissa la tête, les mots de sa camarade lui heurtaient la tête. Elle se les prenait en pleine figure, la réalité faisait mal à entendre. Elle s’était toujours interdit d’y penser, parce qu’elle n’aimait pas se laisser impressionner ou rendre triste par la réalité du monde et de leurs conditions. Mais elle releva la tête, quand Éphémère Argentée lui demande ce qu’elle, elle en pensait. Un silence s’installa, puis sa voix se fit triste.

« On veut juste nous faire croire que notre prison est belle. Mais c’est une prison. Ca n’est pas beau. Je sais que tu as raison, et ça me fait mal de l’entendre. Chaque jour je me bats pour dire aux gens que leur vie est belle, et que nous avons de la chance. Je sais que ça n’est pas complètement vrai, mais ma voix doit sonner juste. Je n’ai pas le droit de mentir à tous ces gens que je veux aider, alors je dois un peu y croire moi aussi. Je rêve d’un monde où nous serions tous heureux, où nous cesserions de nous interroger sur nos vies, sur nos libertés … Je sais que c’est absurde. Je sais que chacun rêve de frontières que l’on pourrait repousser au bout du monde. Moi aussi, au fond de moi j’en ai envie. J’aimerais découvrir autre chose, voir le monde de manière différente. Mais alors que serait la vie si l’on persistait à ne voir que ce que l’on n’a pas ? »

Voilà ce qui avait toujours été sa force : être heureuse. Elle savait que la vie n’était pas toute rose, que si l’on y réfléchissait alors il y avait tant de malheurs et d’injustices autour de nous qu’il était impossible de tout nommer. Mais pourquoi y réfléchir ? Pourquoi s’évertuer à penser à ce que l’on n’aurait jamais, à ce que le monde recèle de merveilles qui resteront à jamais inatteignables.

« Pourquoi ne pas accepter qu’on nous voile la face après tout ? Si cela rend heureux. » Liberté Enfantine marqua une pause, puis continua d’une voix si douce … « Cela me rend triste de voir les gens qui comme toi, sont tristes de ce qu’ils n’auront jamais alors que c’est si près de nous. A portée de main. Je suis triste de me dire que rien ne pourra jamais les rendre complètement heureux. Je suis peut-être un peu bête d’agir ainsi, mais j’aimerais semer un peu de bonheur autour de moi, et pour cela je dois y croire. J’aimerais que la joie tombe en milliers de flocons, partout, et emporte avec elle les tourments pour toujours. Je sais que c’est idiot. »

Oui c’était idiot mais voilà, c’était ce qu’elle voulait. Elle souffrait de voir les gens se faire du mal. Liberté Enfantine regarda Éphémère Argentée. Elle lui sourit, le regard un peu triste, et s’approcha d’elle. Une aura de gentillesse et de bienfaisance l’entourait. La guerrière aurait tant aimé pouvoir guérir à elle seule tous les maux du monde …

« Mais si ça peut te rassurer, je sais qu’au fond de moi j’aimerais pouvoir gambader partout librement sans avoir peur de rien. »

Liberté Enfantine se leva et s’approcha de la magnifique guerrière blanche. Elle admirait la sagesse de ses paroles, et son intelligence. Elle lui sourit encore, d’un petit sourire plus sincère que tout. Doucement, elle vint poser sa patte sur le cœur de la guerrière.

« La vraie liberté, elle est ici. C’est la seule qui compte. »

La chaleur et l’amour qui découlèrent de son geste auraient pu être perceptible de loin tant c’était sincère. La liberté d’aimer, la liberté de pouvoir ressentir ce que l’on veut. Ça n’était même pas le fait de pouvoir … Cette liberté, c’est le fait que rien ni personne ne pourra jamais imposer de règles ou de contraintes à notre cœur. Aimer, c’était ça la plus grande force du monde, et celle qui poussait Liberté Enfantine à se lever chaque jour. La force de l’amour, peu importe à quoi ou qui il était porté, engloutissait tous les tourments et apaisait les corps et les âmes.
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Mer 30 Sep 2015, 21:18

    Ephémère Argentée & Liberté Enfantine.
    __________________________
    « La vie est un rêve, mais rêver n'est pas vivre. »
    Constantin Huygens


    Un long silence embarrassé s'installa. Liberté Enfantine baissa les yeux. Ephémère Argentée se concentra sur le paysage, de petits oiseaux chanteurs occupaient la toison céleste, leurs ailes noircies par les ombres se découpant sur le firmament bleuet. Des brins de soleil s'accrochaient aux cils de la guerrière, dilatant ses pupilles éblouies par tant de lumière, tant de beauté. L'air était encore matinal mais déjà le climat du printemps se faisait sentir, l'astre diurne était chaud, ses caresses étaient douces, et quelques perles d'aurore reflétaient ces éclaircissements bienvenus. Les ombres végétales obscurcissaient les douces volutes de lumière amarante et les brumes d'éclats diurnes qui chauffaient la terre toute d'émeraude. Quelques rochers étaient encore visible çà et là, et leur surface argentée devenait toute d'or et de bronze. Mais bientôt, se joignit aux mélodies du bonheur -les chuchotements de la brise, les secrets des branches et les symphonies des hôtes des grands d'écorce- la douce voix si délicate et fragile de Liberté Enfantine.

    « On veut juste nous faire croire que notre prison est belle. Mais c’est une prison. Ca n’est pas beau. Je sais que tu as raison, et ça me fait mal de l’entendre. Chaque jour je me bats pour dire aux gens que leur vie est belle, et que nous avons de la chance. Je sais que ça n’est pas complètement vrai, mais ma voix doit sonner juste. Je n’ai pas le droit de mentir à tous ces gens que je veux aider, alors je dois un peu y croire moi aussi. Je rêve d’un monde où nous serions tous heureux, où nous cesserions de nous interroger sur nos vies, sur nos libertés … Je sais que c’est absurde. Je sais que chacun rêve de frontières que l’on pourrait repousser au bout du monde. Moi aussi, au fond de moi j’en ai envie. J’aimerais découvrir autre chose, voir le monde de manière différente. Mais alors que serait la vie si l’on persistait à ne voir que ce que l’on n’a pas ? »

    La guerrière des orages ne sut quoi penser. Quelque chose se brisa au fond de son être, quelque chose qui n'était pas encore tombé en mille éclats de chimères et d'utopies déçues. L'image de cette féline qui mentait aux autres et à elle-même, qui refusait d'écouter sa conscience rationnelle lui rappela sa propre existence, cette misérable existence. Et pourtant, elle ne pouvait pas complètement voir Liberté Enfantine comme son reflet. Pour une raison qui lui fit d'autant plus mal. Elle n'avait même plus eu ce courage de mentir, de dissimuler cette réalité derrière une quantité de masques faussement heureux. Elle avait arrêté d'espérer, et elle se mourait de l'intérieur, ne faisant plus aucun effort pour tenter de repousser le mal. Cette fumée malsaine que l'on appelle résignation avait infecté ses cellules et ses pensées pour ne plus laisser d'elle qu'un tas de cendres fumantes et de mensonges. Elle aurait voulu hurler, leur crier, à tous, son malheur, sa détresse, au fond d'elle elle aurait souhaité que l'on remarque, et que l'on supprime, sa souffrance, qui lui comprimait la poitrine, qui bouchait ses artères. Elle aurait voulu s'accrocher à un phénomène physique, mais comment ignorer cette brèche qui lui déchirait la poitrine ? Elle en voulait à son entourage, qui ne remarquait pas sa peine. Etait-elle trop exigeante ? Ou étaient-ils désespérément aveugles ?


    « Pourquoi ne pas accepter qu’on nous voile la face après tout ? Si cela rend heureux. » Liberté Enfantine fit une pause. « Cela me rend triste de voir les gens qui comme toi, sont tristes de ce qu’ils n’auront jamais alors que c’est si près de nous. A portée de main. Je suis triste de me dire que rien ne pourra jamais les rendre complètement heureux. Je suis peut-être un peu bête d’agir ainsi, mais j’aimerais semer un peu de bonheur autour de moi, et pour cela je dois y croire. J’aimerais que la joie tombe en milliers de flocons, partout, et emporte avec elle les tourments pour toujours. Je sais que c’est idiot. »


    Ah ! l'éternel débat. Imbécile heureux ou rationnel, et victime de cet oiseau malfaisant qu'est le malheur ? Pour sa part, Ephémère Argentée avait longtemps cru à cette première solution ... Avant de se rendre compte que ce n'était pas la bonne. Liberté Enfantine aurait été la personne typique que l'autre aurait méprisé. Trop naïve, trop utopiste, trop de ce bonheur mielleux dégoulinant de son être. Le parfait miroir brisé de ce qu'avait été sa compère, avant que cette version d'elle même ne disparaisse, noyée sous les flots des tourments terrestres. Trop d'équilibre mental et de bonheur pour ne pas attiser la jalousie de ce montre de faiblesse et de lâcheté qu'était Ephémère Argentée. Mais elle ne pouvait se résigner à mépriser la belle chatte adverse. Elle était si douce, élégante et délicate que l'on avait envie de se laisser porter par sa barque dérivant sur un océan de beauté et de merveilles. Il y avait une telle conviction en ses propos, de telles bonnes intentions en son être. Après tout, son seul but était de rendre heureuses toutes ses connaissances. Et pourtant, Ephémère Argentée était en désaccord avec ses propos. La belle utopiste noya ses prunelles dans celles de la guerrière, et une esquisse de sourire illumina ses traits d'éternelle enfant. Elle chuchota, si doucement que ses paroles se muèrent en aveu :


    « Mais si ça peut te rassurer, je sais qu’au fond de moi j’aimerais pouvoir gambader partout librement sans avoir peur de rien. »


    Un si beau tableau, une si belle promesse. Laisser le vent arachnéen nous porter et admirer l'horizon floué s'étendant à l'infini devant soi. La voix de Liberté Enfantine agissait comme un baume, toutes ses pensées les plus bénéfiques s'échappaient de ses lèvres avec ses mots. En un dernier geste d'amour, la guerrière de la rivière se leva, paraissant presque flotter au dessus de terre, fit quelques pas de sa démarche aérienne, angélique, et posa ses coussinets rosâtres sur le coeur de sa camarade. Une onde de chaleur partant de ce point se répandit tel un antidote dans le corps de cette dernière, réchauffant ses organes, et chassant cette fumée d'un simple courant d'air pur, frais. Un vague de renouveau, une promesse de doux songes qui léchait cette plage d'oubli et d'esquisses infructueuses de projets fanés, un rai d'écume bienfaisante. Dans un murmure, Liberté Enfantine lâcha :


    « La vraie liberté, elle est ici. C’est la seule qui compte. »


    De ses prunelles émanait une telle sincérité que la tête d'Ephémère Argentée lui tourna devant tant de justesse. Et pourtant. Elle en avait assez d'espérer. Il y avait un temps pour espérer, et ce temps était révolu pour elle. Ce n'était pas la réalité. Elle en avait décidé autrement pour sa vie. Elle avait choisi la deuxième voie. Elle avait choisi d'être rationnelle. Elle serra les paupières, inclina la tête, et prit une grande inspiration. Puis lança dans un soupir :


    « Tu es sans nul doute la plus courageuse de nous deux. Il y a trop longtemps que j'ai arrêté d'espérer. Je suis si faible. Trop de déceptions, d'incertitudes. J'aimerais tant croire en tes propos. Et j'y ai cru, un temps. Mais dorénavant, ce n'est plus ce que je souhaite. Si l'on fermait les yeux sur toute cette misère, ce serait injuste. Tout n'est qu'équilibre en ce monde, et le bonheur ne peut exister sans le malheur. On n'apprendrait pas ce qu'est le bonheur sans connaître son inverse. Cette sensation de profonde détresse, de solitude, et de faiblesse, mérite d'être vécue au même titre que cette douce onde de chaleur qui nous envahit lorsque l'on est heureux. C'est juste que ... J'ai le sentiment que certains la connaissent mieux que d'autres. Je ne suis même pas sûre de parler pour moi, il y en a d'autres tellement plus malheureux, tellement plus souffrants que je le suis ! Tout cela pour dire que fermer les yeux sur cette infortune, ce serait ignorer ceux qui souffrent, comme s'ils ne méritaient pas notre intérêt, et seulement se concentrer sur notre bien-être personnel. Et cela, c'est égoïste. De se dire que tout ira bien si nous sommes heureux. Ce que tu n'as pas vu quand tu es parti joyeux de ton camp ce matin, c'est ce faible félin qui pleurait au pied tu pin. Et pourquoi ? Parce que tu en as déduit que le monde allait bien si tu allais bien. Agir comme cela, c'est fermer son poing au lieu de tendre la main. C'est le choix d'ignorer ceux qui souffrent quand toi tu te portes bien. Et ce choix, ce n'est pas le mien. »

    Trop d'années dans l'ignorance. Nuage Argenté lui avait tendu la main pour qu'elle soit heureuse, il avait traité son désir de liberté et avait tout fait pour y accéder. Il en était mort. A elle de tendre la main aux plus indigents. Pour rendre la pareille.
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Jeu 01 Oct 2015, 19:56

◮ LIBERTÉ ENFANTINE.




« La réalité ne peut être saisie au moyen de mots,
d’enseignements, de débats ou de spéculations intellectuelles.
Pour l’atteindre, il faut transcender toute question et toute réponse.
»

Au plus grand regret de Liberté Enfantine, sa camarade du tonnerre ne sembla pas comprendre le message qu’avait voulu lui faire passer la féline de la rivière. Ne comprenait-t-elle pas, ou refusait-elle simplement d’accepter qu’on puisse avoir une idée autre que la sienne ? Liberté Enfantine était perdue. Comment expliquer ce qu’elle avait dans son cœur ? Comment dire aux gens tout ce qu’elle avait en elle ? Elle n’en pouvait plus. Parfois, elle avait envie d’exploser. Elle aussi avait des questions, des peurs, des envies, des phobies … Mais personne n’était là pour répondre à ses interrogations ou pour consoler son cœur lorsqu’il était blessé. Personne. C’était peut-être pour cela qu’elle était là pour tout le monde, et que partout où elle trouvait de la détresse elle se sentait obligée de la guérir du mieux qu’elle pouvait. C’était parce que tout cela, personne ne l’avait jamais fait pour elle, et qu’elle connaissait la souffrance qu’était souffrir seul en silence lorsque l’on a personne sur qui compter, et personne pour panser les plaies que la vie infligeait à n’importe qui. Éphémère Argentée soupira lorsqu’elle répondit à sa camarade. Sa voix était grave, ses paroles aussi.

« Tu es sans nul doute la plus courageuse de nous deux. Il y a trop longtemps que j'ai arrêté d'espérer. Je suis si faible. Trop de déceptions, d'incertitudes. J'aimerais tant croire en tes propos. Et j'y ai cru, un temps. Mais dorénavant, ce n'est plus ce que je souhaite. Si l'on fermait les yeux sur toute cette misère, ce serait injuste. Tout n'est qu'équilibre en ce monde, et le bonheur ne peut exister sans le malheur. On n'apprendrait pas ce qu'est le bonheur sans connaître son inverse. Cette sensation de profonde détresse, de solitude, et de faiblesse, mérite d'être vécue au même titre que cette douce onde de chaleur qui nous envahit lorsque l'on est heureux. C'est juste que ... J'ai le sentiment que certains la connaissent mieux que d'autres. Je ne suis même pas sûre de parler pour moi, il y en a d'autres tellement plus malheureux, tellement plus souffrants que je le suis ! Tout cela pour dire que fermer les yeux sur cette infortune, ce serait ignorer ceux qui souffrent, comme s'ils ne méritaient pas notre intérêt, et seulement se concentrer sur notre bien-être personnel. Et cela, c'est égoïste. De se dire que tout ira bien si nous sommes heureux. Ce que tu n'as pas vu quand tu es parti joyeux de ton camp ce matin, c'est ce faible félin qui pleurait au pied tu pin. Et pourquoi ? Parce que tu en as déduit que le monde allait bien si tu allais bien. Agir comme cela, c'est fermer son poing au lieu de tendre la main. C'est le choix d'ignorer ceux qui souffrent quand toi tu te portes bien. Et ce choix, ce n'est pas le mien. »

Pourquoi parlait-elle de fermer les yeux ? D’ignorer ceux qui souffrent ? D’égoïsme ? Les paroles de la guerrière blessèrent Liberté Enfantine. Elle prit à cœur ces critiques qui pourtant, ne la décrivaient pas. « Fermer son poing au lieu de tendre la main ». Cette phrase lui brisait le cœur, elle qui aurait donné sa vie pour tendre la main aux autres, toujours. Et pour n’importe qui. La belle guerrière immaculée baissa la tête, l’air triste. Elle resta un moment en silence, le cœur serré, les muscles contractés. Elle crut un instant que les larmes allaient lui monter aux yeux, mais elle s’efforça de reprendre le contrôle d’elle-même, et ne laissa pas rouler sur ses joues les perles d’eau salée que son corps entier contenait. Tout ce pour quoi elle vouait sa vie, et ce pour quoi elle se battait venait d’être lentement démonté en quelques paroles. C’était fou, l’impact que les mots avaient sur elle. Liberté Enfantine comprenait qu’on puisse avoir un avis différent du sien, ça n’était pas ça du tout le problème. Ce qui lui faisait mal c’était la critique, simplement parce qu’elle ne la comprenait pas. Sûrement parce qu’en fait, ce qu’avait décrit Éphémère Argentée n’était pas la vérité. Elle ne connaissait rien de la vie de Liberté Enfantine après tout, le jugement était bien facile à rendre quand on ne connaissait une personne que depuis quelques minutes. Facile, voilà, c’était ça. Infondé. La guerrière des eaux releva la tête, son sourire avait disparu. Sa voix était toujours aussi douce – simplement parce qu’elle ne le faisait pas exprès – mais aussi tremblante, un peu triste.

« Tu ne sais pas qui je suis. Ni ce que je fais. Je ne comprends pas ces reproches, je n’ai pas l’impression que ma vie ressemble à ce que tu dis, je ne crois pas me contenter de fermer les yeux sur le malheur des autres pour continuer mon chemin dans la joie, égoïstement. Je suis exactement le contraire de cela, mais je crois m’être assez expliquée pour aujourd’hui ... Je respecte ton point de vue, il n’y a aucun problème, mais je n’aime pas beaucoup en revanche qu’on me redescende à des principes qui sont exactement à l’opposé de ceux que je défens. »

Ses paroles n’étaient pas méchantes, mais Liberté Enfantine avait beau être gentille, elle était aussi honnête et franche. Elle aimait pouvoir débattre avec quelqu’un, mais ça n’était pas une raison pour la critiquer ainsi. C’était tout, voilà, elle n’avait plus envie de s’attarder sur cela maintenant. La féline blanche aux yeux bleus du clan de la rivière fouetta l’air de sa queue. L’air du printemps vint caresser le pelage des deux chattes qui se tenaient face à face. Liberté Enfantine avait envie de marcher, elle savait qu’elle n’était pas sur son territoire mais elle se risqua quand même à proposer à Ephémère Argentée de se dégourdir un peu les pattes.

« Est-ce qu’on pourrait marcher un peu ? »

Liberté Enfantine sourit à sa camarade, pour s’assurer qu’elles n’étaient pas en froid. Ne pas être d’accord n’était pas une raison pour se mépriser ou quoi que ce soit, en tout cas la guerrière de la rivière espérait ne pas avoir froissée Éphémère Argentée. Il était de nature de la vie que les opinions s’opposent, mais Liberté Enfantine défendait justement l’idée que la diversité et le désaccord ne devaient pas entraîner de guerres ou de rivalités importantes et trop inutiles, alors elle espérait qu’Éphémère Argentée partageait cette opinion, et que cela ne les empêcherait pas de devenir … Pourquoi pas amies ? Après tout, on était honnête justement avec ses amis. La guerrière blanche se leva, huma l’air pour vérifier qu’aucun autre chat du clan du tonnerre n’approchait. Elle ne tenait pas particulièrement à être confrontée à une patrouille, si c’était possible. Elle voulait éviter de s’attirer des ennuis et de se faire remarquer dans son clan ! Il était hors de question qu’on se mette à douter d’elle. Mais la guerrière du tonnerre lui avait assuré que les patrouilles ne viendraient pas ici ce soir, alors elle espéra qu’elle avait raison et que rien de plus ne lui arriverait encore aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Ven 02 Oct 2015, 18:55

    EPHEMERE ARGENTEE & LIBERTE ENFANTINE.
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    Ask me your questions



    Le beau regard céruléen de Liberté Enfantine s'assombrit. Son corps tout entier se contracta, et elle plissa légèrement les paupières. Sa queue commença à légèrement fouetter le sol, comme si elle brûlait de prendre la parole, d'imploser, mais que les mots ne venaient pas. Dans ses belles prunelles s'installèrent la colère, la tristesse, mais aussi la déception. Ses poils se hérissèrent, et l'incompréhension se distinguait dans ses yeux, elle baissa la tête, comme perdue. Ephémère Argentée ne comprit pas cette attitude. Elle repassa son flot de paroles parfois indistinctes, une vague de mots, un océan de phrases pas toujours cohérent dans ses pensées. Mais trop tard, elle compris qu'elle s'était mal exprimée.


    « Tu ne sais pas qui je suis. Ni ce que je fais. Je ne comprends pas ces reproches, je n’ai pas l’impression que ma vie ressemble à ce que tu dis, je ne crois pas me contenter de fermer les yeux sur le malheur des autres pour continuer mon chemin dans la joie, égoïstement. Je suis exactement le contraire de cela, mais je crois m’être assez expliquée pour aujourd’hui ... Je respecte ton point de vue, il n’y a aucun problème, mais je n’aime pas beaucoup en revanche qu’on me redescende à des principes qui sont exactement à l’opposé de ceux que je défends. »


    L'oxygène déserta les poumons de la belle chatte blanche. Ses oreilles la brulèrent, la tête lui tourna. Pourquoi devait-elle incessamment déverser des ruées de paroles nébuleuses sans jamais réfléchir, se laisser posséder par cette rage et cette souffrance, cette haine contre le monde ? Elle se sentit désolée pour sa camarade, désolée d'être ce qu'elle était. Aussitôt, prise d'une effervescence soudaine, elle laissa les mots exploser dans son crâne et au portail de ses lèvres scellées mais l'autre la devança :


    « Est-ce qu’on pourrait marcher un peu ? »


    Ephémère Argentée fut soulagée. Elle hocha la tête, et se leva. Le contact de la terre fraiche sous ses pattes lui procura un frisson glacé dans tout le corps. Une brise arachnéenne lui balaya le pelage, et l'astre diurne lui offrit ses caresses empreintes de chaleur. Liberté Enfantine lui offrit un sourire resplendissant qui réconforta quelque peu la guerrière, qui pensait avoir perdu les fondations du pont qui commençait à les lier d'amitié. Avant de reprendre la parole, elle se laissa bercer par les murmures sauvages de la rivière qui dévalait les reliefs sur des poignées de kilomètres, et qui produisait une brume nébuleuse qui parsemait les alentours de micro-gouttelettes, faisant rayonner les surfaces humides du paysage. L'estomac noué, la jeune guerrière prit une inspiration qui lui frigorifia les organes.


    « Je suis navrée. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, je me suis on ne peut plus mal exprimée. Il suffit de te regarder, et de t'écouter pour comprendre que tu es prête à beaucoup pour aider et réconforter. En fait, en disant cela, je ne te visais pas. Il est vrai, non seulement je ne te connais pas, mais je ne doute pas de tes bonnes intentions. Je n'ai jamais voulu porter aucun jugement hâtif sur ta personne, en fait ce n'était pas du tout à toi que je pensais, ni toi que je visais. On m'a juste ... Tellement répétée ce genre de choses, et j'ai connu tant de déceptions. Mes paroles sont parties toutes seules, j'en suis désolée. J'étais plutôt concentrée sur ... Les autres, mes paroles ne se tournaient pas vers toi, mais vers ceux de mon clan, ceux de ces clans, ceux dont je t'ai brièvement parlée en abordant les frontières. J'ai parfois l'impression de vivre avec des aveugles. Et tes mots me les ont tellement rappelés qu'instinctivement mes pensées se sont tournées vers eux. Ils répètent tous ce genre de choses, à les entendre, ils peuvent d'ors et déjà être canonisés, ces combattants hors pair, se vantant d'avoir provoqué des hémorragies internes chez un de leurs compères. Leur cervelle ne leur sert visiblement qu'à bouger. Ils meurent pour protéger des lignes imaginaires qui méritent de disparaître. Telles le tabac, ces frontières causent notre mort sur tous les fronts. Elles nous tuent psychologiquement et on continue de se battre pour elles à en crever. Pathétique n'est ce pas ? Je dois te faire pitié ... Elle eut un petit rire triste. Tu dois sans doute te dire que je suis pessimiste et que j'ai perdu foi en tout, en les autres, en le monde, mais pas en notre bêtise ; tu ne seras pas la première à le penser, moi la première j'en suis consciente. J'aimerais continuer d'y croire mais chaque jour ils continuent de me prouver leur stupidité, ce doit être un concours. Parfois j'ai envie d'imploser et de leur hurler d'ouvrir les yeux, parce que nous sommes peu, trop peu, à nous rendre compte des vraies nécessités essentielles de la vie. Deux ou trois par clan, peut être. Je rêve parfois d'un monde sans frontière et sans souffrance, où les gens se rendraient compte que ce n'est pas cela, qui compte réellement. Mais c'est une utopie ... Je parle trop. Tout cela pour te dire que n'est pas sur toi que portaient mes paroles, je suis si honteuse, si tu savais, que tu aies cru que c'était ton mode de pensée que je dénonçais ! Je t'admire d'avoir ce courage d'agir, en répandant un peu de ton bonheur sur chacun de nous, c'est sûrement le plus belle action que nous pouvons mener pour le moment. Excuse-moi, pour tout. »


    Ephémère Argentée espéra avoir convaincu la belle des eaux, qui humait nerveusement les effluves de la forêt.


    « Ne t'inquiète pas, personne ne se dirigera vers la rivière aujourd'hui. »


    En attendant la réponse de sa camarade, Ephémère Argentée contempla le paysage qui s'offraient à leur vue. Les herbes nouvelles crissaient sous leur pas. Un léger manteau de poudreuse scintillante parsemait encore les jeunes pousses, mais bientôt la poussière gelée disparaîtrait, liquéfiée par les assauts incessant de l'être roi. Pour preuve, des nappes de liquide argenté occupait les crevasses qui creusaient le sol terreux. Les murmures suaves du zéphyr esquivant les bras crochus des arbres ornés de bourgeons naissants berçaient la forêt muette. Tout paraissait placide, juste un calme printanier et reposant que seuls venaient troubler les vols joyeux des oiseaux chanteurs. Leur plumage auréolé de dorures solaires fendaient le firmament bleuté, ils semblaient plonger à corps perdu dans les étoiles et les autres objets célestes si empreints de mystères qui peuplent notre galaxie. Ephémère Argentée tourna timidement ses prunelles aigüe marines vers sa camarade opaline qui marchait en silence, habitée d'un calme olympien. La guerrière se contenta donc de fixer nerveusement l'horizon clair et inatteignable et de sceller ses lèvres brûlantes de mots.
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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Sam 21 Nov 2015, 17:08

◮ LIBERTÉ ENFANTINE.


Les deux femelles marchaient, côte à côte, tandis que le vent ébouriffait leurs pelages si semblables. Liberté Enfantine suivait les mouvements d’Éphémère Argentée, elle suivait sa direction tout en marchant près d’elle. Une multitude de pensées affluaient dans l’esprit de la guerrière de la Rivière, mais elle se tut en attendant une réponse de sa camarade. Elle espérait ne pas l’avoir froissée, ne pas l’avoir blessée … Finalement, la guerrière du Tonnerre reprit la parole. Sa voix était triste, Liberté Enfantine eu envie de la serrer contre elle, de lui jurer que tout irait bien, que ça n’était pas important … Mais elle l’écouta. Elle l’écouta s’excuser, raconter que ça n’était pas elle qu’elle visait dans ses paroles, mais une généralité de personnes. Ses phrases étaient sorties naturellement, rapidement, peut-être nerveusement et impulsivement car Éphémère Argentée semblait avoir perdu toute foi en l’existence. Elle l’écouta, c’était comme si la guerrière voulait cracher la colère qu’elle avait en elle, contre tous ces gens qu’elle ne comprenait pas. Un quelque chose la retenait d’exploser, mais Liberté Enfantine sentit que la guerrière de la rivière en avait gros sur le cœur. Elle en voulait à tous ceux qui tuaient pour rien, pour la simple idée de défendre des frontières. Elle en voulait à ceux qui ne comprenaient rien à ce qu’était la vie, à ce qu’était la réalité des choses et ce qu’étaient les véritables nécessités, et le véritable but de l’existence. Les yeux bleus de la féline de la rivière tombèrent vers le sol. La jolie femelle argentée avait raison, rares étaient les personnes qui se rendaient compte de ce dans quoi ils étaient tous embarqués à cause des Clans. Rares étaient ceux qui comprenaient qu’une limite invisible n’excusait et ne justifiait pas tout. Finalement, Éphémère Argentée conclu en se tournant vers sa camarade, et en la regardant d’un air bien trop affaibli et peiné par tout ce qu’elle venait de confier à Liberté Enfantine …

« Tout cela pour te dire que n'est pas sur toi que portaient mes paroles, je suis si honteuse, si tu savais, que tu aies cru que c'était ton mode de pensée que je dénonçais ! Je t'admire d'avoir ce courage d'agir, en répandant un peu de ton bonheur sur chacun de nous, c'est sûrement la plus belle action que nous pouvons mener pour le moment. Excuse-moi, pour tout. »

Puis rapidement, elle la rassura quant au fait qu’aucune autre personne n’était sensée se diriger vers la rivière aujourd’hui. Rassurée, la guerrière de la Rivière détendit ses muscles, et se mit à regarder sa camarade.

« Ne t’en fais pas, je comprends très bien. Merci, merci beaucoup pour ce que tu me dis … Tu sais, en agissant ainsi j’espère juste que le bonheur ou l’espoir nous réuniront un jour. Moi aussi, je suis un peu trop utopique. Ne t’excuse plus, c’était un malentendu. Je suis d’accord avec toi sur beaucoup de points. Nous vivons dans un triste monde, peu de gens réalisent ce qu’il en est vraiment de leur condition. Je comprends que ce soit difficile à accepter … Difficile à regarder au quotidien aussi. C’est pour cela que j’essaie de voir autre chose, de regarder ce qui dans ce monde, me réjouit et m’apaise. Regardons autour de nous. Le monde est vaste, magnifique, inconnu. Et l’on se sent si petit lorsqu’on regarde le ciel … Mais cela me donne du courage. Observer et écouter ce qui est Grand, ce qui fait la puissance du monde et ce qui nous permet de vivre, cela me rend heureuse et déterminée. Nous ne sommes que quelques pions dans l’univers, quelques poussières, alors se concentrer sur ce qui est plus essentiel et plus important, c’est ce qui me fait oublier et accepter que les pions sont parfois idiots et égoïstes. Et heureusement, il y a des gens comme toi pour ne pas oublier ce que nous sommes vraiment, au plus profond de nous, et pour savoir ce qu’est vraiment la vie. »

Liberté Enfantine sourit. Elle ne savait pas trop ce qu’elle avait voulu dire à sa camarade par ces quelques phrases, parce qu’elle ne voulait pas essayer de la convaincre qu’il fallait agir ou penser de telle ou telle manière. Elle avait le droit de se sentir triste parfois, en regardant les autres. Triste et désolée. Si c’était sa manière à elle d’extérioriser, alors elle la laisserait faire. Tout le monde n’avait pas la même étrange manière de faire et de penser qu’avait Liberté Enfantine. Si pour elle le bonheur et l’amour étaient ce qui permettait de vivre malgré une condition si incertaine, ça n’était pas l’avis de tout le monde et cela se comprenait parfaitement. Les deux guerrières marchaient dans l’air du printemps. Air frais, mêlé de nouveaux parfums de renaissance et de chants d’oiseaux. Liberté Enfantine respira une grande bouffée d’air, elle était apaisée. Cette discussion lui faisait du bien. Il était rare de pouvoir autant s’exprimer et échanger sans aucun complexe ni retenue.

« Le printemps est ma saison préférée. C’est le moment où la nature renaît, et j’ai l’impression que tout ce que nous voyons vit l’instant merveilleux de l’excitation d’une nouvelle vie, de l’euphorie de la renaissance. »

Liberté Enfantine laissa presque s’échapper un rire heureux. Elle était bien, ici. Personne n’était là pour les déranger, et elle se sentait étrangement bien en compagnie d’Éphémère Argentée. Elles avaient beau ne se connaître que depuis très peu de temps, elle avait l’impression de pouvoir lui accorder une confiance aveugle. Et c’était tellement rare de se sentir aussi bien en présence de quelqu’un qui ne partageait pourtant pas la même vie, la même culture …

« Je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance, Éphémère Argentée. »

Le nom de la guerrière du tonnerre était si mélodieux, si beau qu’il aurait rendu n’importe quelle phrase magnifique. C’était un nom mystérieux, aérien, sans doute le plus beau nom que Liberté Enfantine n’ai jamais entendu …

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MessageSujet: Re: « Ask me your questions. » PV Éphémère Argentée.   Lun 29 Fév 2016, 20:08

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    _______________________________________________________________

    L'espoir est une bouée bien fragile.

    Alice Brunel Roche



    Ephémère Argentée fixait timidement l'horizon nébuleux, tout teinté d'un dégradé de bleu, qui déjà se colorait d'indigo. Les percussions de la rivière jouant des épaules entre les rochers les plus imposants et les voix aigües des oiseaux se mêlaient pour composer une symphonie printanière fragile et fugace. Les géants de bois se mouvaient en un ballet gracieux sous les mouvements puissants des vents. Parulines et mésanges bleues flottaient au gré du zéphyr, chimères chantantes nageant dans l'éther. Ephémère Argentée osa un regard céruléen vers la guerrière des eaux. Sirène gracile et majestueuse, elle s'avançait avec une sérénité désarmante malgré une détermination bien visible. Son pelage opalin tout de marbre et de nacre ondulait sous l'alizé arachnéen. Ses prunelles cérulescentes en tout point semblables aux pupilles de sa camarade scrutaient l'arborescence lointaine, si pleine de promesses et d'exotisme mais désespérément inatteignable. Constamment à portée d'yeux avides, affamés, mais glissant entre des doigts insatiables, furieux d'un désir de résurrection intarissable jamais rassasié. Ils avaient beau tenter de se convaincre, ils ne possédaient rien. Toutes ces contrées étrangères qu'ils n'exploreraient jamais, cette immensité qu'ils ne connaîtraient pas... Ils étaient si peu. Si peu dans ce vaste océan. A trop se persuader, se débattre dans ces eaux parfois tumultueuses, ils coulaient tous lamentablement. A s'épuiser d'espoir et de croyances qui pesaient leur conscience, ils sombraient dans cette mer d'hésitation, de craintes, sans surface, paisiblement. Cependant certains flottent. Et alors, malmenés par des vagues de doutes et de chagrin ils demeurent bousculés, lapidés, meurtris et désabusés. Les poumons emplis d'eau salée, le corps épuisé, l'esprit blessé de désillusions violentes...

    Et puis, lentement, ils coulent. Ils coulent après des années de souffrance et regrettent de ne pas avoir espéré à en crever.

    Ephémère Argentée se sentait comme un de ces navires sans capitaine, dérivant inlassablement, malmené par les flots et s'échouant avec une lenteur exaspérante. Naviguant vers un horizon qu'elle pouvait toucher des ses doigts tremblants.

    Elle sursauta lorsque Liberté Enfantine reprit la parole :


    « Ne t’en fais pas, je comprends très bien. Merci, merci beaucoup pour ce que tu me dis … Tu sais, en agissant ainsi j’espère juste que le bonheur ou l’espoir nous réuniront un jour. Moi aussi, je suis un peu trop utopique. Ne t’excuse plus, c’était un malentendu. Je suis d’accord avec toi sur beaucoup de points. Nous vivons dans un triste monde, peu de gens réalisent ce qu’il en est vraiment de leur condition. Je comprends que ce soit difficile à accepter … Difficile à regarder au quotidien aussi. C’est pour cela que j’essaie de voir autre chose, de regarder ce qui dans ce monde, me réjouit et m’apaise. Regardons autour de nous. Le monde est vaste, magnifique, inconnu. Et l’on se sent si petit lorsqu’on regarde le ciel … Mais cela me donne du courage. Observer et écouter ce qui est Grand, ce qui fait la puissance du monde et ce qui nous permet de vivre, cela me rend heureuse et déterminée. Nous ne sommes que quelques pions dans l’univers, quelques poussières, alors se concentrer sur ce qui est plus essentiel et plus important, c’est ce qui me fait oublier et accepter que les pions sont parfois idiots et égoïstes. Et heureusement, il y a des gens comme toi pour ne pas oublier ce que nous sommes vraiment, au plus profond de nous, et pour savoir ce qu’est vraiment la vie. »


    La guerrière du tonnerre se sentit infiniment soulagée. Elle accordait toute sa confiance à la belle des eaux claires et ne pouvait se résoudre à la perdre. Elle songea sincèrement aux paroles proférées par la féline au pelage perlé. Observer et écouter ce qui était grand ? Puisqu'ils étaient tous si petits, cette perspective lui parut étonnamment pertinente. Se livrer corps et âme à des entités intelligentes, et justes, et supérieures, afin de fuir tous ces pions fragiles et désespérément aveugles. Se noyer dans l'infinité du firmament, des vastes landes et de toutes ces possibilités plutôt que demeurer esclaves asservis par des empereurs pauvres, et laids. Liberté Enfantine sourit, comme satisfaite. Ephémère Argentée la dévisagea longuement. La féline de la rivière paraissait si fragile, si jeune, si douce. Si pure. Et pourtant déterminée, forte et si pleine d'espoir que sa camarade la jalousa presque. Elle envia son courage et son espoir. Elle, avait déjà tant essayé de gouter à cette chose si douce qu'est l'espérance. Mais déçue, déchue, malmenée, bousculée par la vie et la désillusion, elle s'était écroulée à genoux. Elle s'était effondrée aux spondées de l'existence, les oreilles rougissantes, les yeux larmoyants et le corps roué de coups.

    L'âme faible et creuse et la conscience répugnée.

    Elle n'était qu'un tas de cendres sous la poussière, l'ombre d'un automate. Elle se sentait si vieille. Si vieille, si laide et si faible.


    « Le printemps est ma saison préférée. C’est le moment où la nature renaît, et j’ai l’impression que tout ce que nous voyons vit l’instant merveilleux de l’excitation d’une nouvelle vie, de l’euphorie de la renaissance. »


    Le printemps, si prometteur soit-il, blessait la féline du tonnerre. Elle était lasse de ces promesses, de ces renouveaux illusoires. Elle était jalouse de cette frénésie, de tout ce bonheur presque puant, dégoulinant de fleurs et de miel. Mais chaque année elle se laissait bercer par tous ces mensonges, toutes ces surenchères.


    « Je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance, Éphémère Argentée. »


    Cette dernière sursauta, surprise. Lui avait-on déjà adressé ces mots ? Une esquisse de sourire se dessina sur ses lèvres rosées.


    « Je réfléchirai longuement à tes mots. Je t'admire beaucoup tu sais, d'avoir cette force d'agir, et de te relever incessamment malgré les aléas de l'existence. J'envie ton bonheur et ce qu'il y a dans tes yeux. L'amour. L'espoir. Je suis ravie de t'avoir rencontrée Liberté Enfantine. Le nom de cette dernière n'aurait pu mieux lui convenir. Je pense sincèrement que peut-être notre rencontre changera quelque chose en moi. Eclaircira quelque peu l'horizon. Quant à moi... Je pense préférer l'hiver. L'hiver, tout est placide. Tout est silencieux. Comme hors du temps. C'est une saison simple, sans artifices, fioritures. Juste une étendue blanche à perte de vue. Même les cours d'eau se taisent, figés. Cà et là, des sculptures de cristal... »


    Les deux amies continuèrent leur cheminement entre les étendues d'un vert céladon, avant que la rivière ne s'offre à leur vue, couronnée d'une chevelure d'écume. Sauvage, puissante, indomptable, elle jaillissait des entrailles de la terre, produisant un grondement patibulaire. Plus loin, l'étendue céruléenne et translucide n'était plus qu'une nappe placide seulement troublée d'ondes nébuleuses. Les galets tapissant le lit coloraient les eaux de teintes improbables, le tout s'apparentant à une toile de maître. Alors, enfin détendue, la jeune guerrière du tonnerre se tourna vers sa camarade, un charmant sourire au milieu de son visage tâché de saphir :


    « Tu veux te désaltérer ? »
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