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 L'hiver de ta vie est ton second printemps.

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Danse du Léopard.
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MessageSujet: L'hiver de ta vie est ton second printemps.   Mar 28 Fév 2017, 01:01

Le froid. Pur, dans son plus simple appareil. Le froid qui blesse. Le froid qui brise. C’est tout ce qu’elle ressentait à cet instant. Un froid glacial qui entourait son coeur. Un froid de désespoir. L’hiver était rude cette année, et alors que Petit Tigre, l’un de ses petits, souffrait du mal blanc, elle ne trouvait aucune plante qui ne pouvait l’aider. Danse du Léopard était d’un naturel joyeux et calme, mais pour la première fois, son coeur était froid. La guérisseuse marchait depuis l’aube, alors que le crépuscule commençait à naître à l’horizon. Ses pattes étaient gelées, ses coussinets lui faisaient mal. Elle soupçonnait quelques engelures. Mais la douleur n’était pas suffisante pour la faire abandonner. Elle pensait à la respiration sifflante du chaton, plus douloureuse que n’importe quelle plaie.

Blanc. Monochromatique. C’était la couleur de l’enfer. Le moindre objet, la moindre chose, tout était couvert de ce blanc froid qui brisait ses pattes. Mêmes les arbres habituellement si verts, si bruns, les pierres normalement si sombres arboraient cette couleur blanche, d’habitude si douce, et aujourd’hui si cruelle. Cette couleur, elle ne voyait que cela depuis le moment où elle s’était levée pour rendre visite à ses petits et qu’elle avait retrouvé l’un d’entre eux si faible, plus faible que d’habitude. Cette couleur la rendait folle, et comme pour se moquer d’elle, même le ciel, couvert de nuage, portait du blanc ce jour là. Ô, que la nature était cruelle. Danse du Léopard lui en voulait. Elle voulait trouver cette nature personnifiée, et la réduire en charpie. Lui faire du mal, l’entendre crier, hurler à la mort. Mais c’était elle qui criait, tiraillée entre son devoir de guérisseuse et celui de mère, tous deux incompatibles. C’était sa punition, sans doute, pour avoir pêché. Ce sentiment d’inutilité doublement douloureux.

Fragile. Temporaire. C’est ainsi qu’était la neige. C’est ainsi qu’était la vie. La guérisseuse le savait, et c’était là tout son désarroi. Quand bien même, si son petit venait à partir, elle le reverrait au milieu de ses ancêtres, elle ne pouvait se résoudre à ne pas le voir grandir, courir dans cette forêt, rire, sourire, pleurer, crier. Elle ne pouvait se résoudre à voir seuls deux de ses petits porter le nom d’apprentis puis de guerriers.

Déchirée. C’était Danse du Léopard. Elle était déchirée entre son rôle de mère et de guérisseuse. Déchirée par la souffrance engendrée par son erreur, celle d’avoir aimé et enfanté. Déchirée par l’avenir incertain de ses petits et de la vie qui leur était réservée à cause de leurs origines. Fruits d’une guérisseuse et d’un solitaire. Ô quel effroi. Leur vie n’était qu’erreur. Et elle devait désormais porter ce fardeau pour le reste sa vie au sein des Clans. Et qu’elle le veuille ou non, ses petits devraient également porter ce fardeau. Leur origine n’était un secret pour personne, et elle avait peur, ô si peur, qu’ils la haïssent lorsqu’ils quitteront l’insouciance qu’est la vie d’un chaton. Elle avait peur qu’ils grandissent. Peur qu’ils ne comprennent pas. Peur qu’ils en viennent à regretter d’être venus au monde.

Danse du Léopard ne dansait plus. Il n’y avait plus rien de beau dans ses pas, sa posture et sa démarche. Danse du Léopard n’était plus qu’un pantin brisé aux cordes effilées, souffrant dans ce désert glacé à la recherche de plantes sans doute mortes depuis des lunes déjà, et qui ne repousseraient qu’à la venue de la saison des feuilles nouvelles. Que lorsque Petit Tigre serait mort et enterré.
Danse du Léopard pleurait, se lamentait. Elle n’écoutait plus la nature qui la faisait vibrer. Elle ne chantait plus la joie et les émois de la vie. Elle les vomissait. Ce jour là, ils l’écoeuraient, elle qui les aimait pourtant si fort.

Désormais, elle ne cherchait même plus. Titubant dans cet enfer blanc, elle semblait se chercher elle même. Elle criait si fort sa haine et sa tristesse que toutes les proies alentour s’étaient cachées, et celles qui hibernaient, réveillées. Elle hurlait sa souffrance comme on vomit une maladie. La jeune chatte semblait brisée, torturée entre deux destins incompatibles, écrasée par ses choix et ses erreurs. Poussée vers le futur, elle qui voulait reculer vers le passé. Elle ne voulait faire face à son destin, à celui de ses enfants, à ce qu’elle avait créé. Mais elle n’avait pas le choix. Elle devait avaler la vérité, qu’elle le veuille ou non, et qu’importait le nombre de fois qu’elle le recracherait, elle devrait finir par l’accepter.

Broyée par toutes ces choses, par ses erreurs et la douleur, Danse du Léopard s’écrasa dans la neige. Elle attendait d’être elle aussi, à son tour, recouverte de ce tapis blanc, comme ce rocher et cet arbre. Elle attendait, comme si la solution allait s’offrir à elle miraculeusement. Elle attendait, comme si la souffrance s’atténuerait avec le temps. Comme si cette plante pousserait devant ses yeux ambrés dans un miracle inespéré. Mais rien de tout cela ne se produit. Pourtant, la guérisseuse vit l’espoir. La guérisseuse vit Nuage Sanglant.
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MessageSujet: Re: L'hiver de ta vie est ton second printemps.   Sam 04 Mar 2017, 05:00

L'hiver de ma vie n'est qu'éternité
ft. Danse

|| J'espère que ma réponse t'ira ! ||

Marcher lentement dans les terres du Clan de l’Ombre. Elle le faisait souvent, ça. Fuir la compagnie, fuir le monde. Elle fuyait tous ceux qui ne se trouvaient pas à être son mentor… et plus particulièrement celle qui lui avait permise de voir le jour. Encore aujourd’hui, elle se promenait sur des terres qu’elle avait vu maintes fois. Soupir éternel. Elle soupirait tant de fois, elle. Ses pattes foulaient le sol, elle prenait son temps. Saison des neiges. Chutes de neige. Les plantes se cachaient donc et tous étaient plus sujet de tomber malade, et que le rhume se transforme en mal vert pour devenir mal blanc. Nuage Sanglant nota avec ironie le nom du mal le plus endémique : mal blanc. Cette souffrance venait, après tout, bien plus souvent pendant la saison froide et elle portait dans une particule le nom de la couleur de cette substance tombant du ciel pendant cette saison si terriblement cruelle. Nuage Sanglant cessa de marcher pendant un moment et regarda tout autour d’elle, les petits flocons volant autour, dans une étrange ambiance presque magique.

Mais la magie n’existait pas et la novice guérisseuse le savait parfaitement. Ce n’était qu’une utopie idyllique qui laissait que de faux espoirs tandis que le monde dans lequel ils vivaient tendaient beaucoup plus vers une dystopie. Elle soupira. Encore. Encore et encore, sans jamais cesser, les soupirs mourraient sur ses babines. Elle resta immobile, comme si le temps n’avait plus d’influence sur elle, immuable, insensible. Les flocons tombaient et elle, elle pensait. Elle pensait à Jolie Pivoine. Elle ne voulait pas perdre son mentor, jamais, mais elle avait cette peur ancrée dans son coeur et son âme, cette peur qu’elle avait toujours, depuis le tout début, de voir ce rempart disparaître sous ses yeux. Cette femelle n’avait jamais connu cette sensation de compter avant de rencontrer cette grande féline qui l’avait mise sous son aile. Alors oui, cet effroi considérable ne la lâchai pas, la poursuivait, la minait et venait même la dévorer de l’intérieur, la gruger vivante. Jolie Pivoine, une sauveuse, même si la novice, au départ, considérait le tout comme un complot, un désir des Étoiles pour la rétrograder à l’état même d’une poussière sans libre-arbitre. Maintenant, elle comprenait.

On lui avait donné la possibilité de comprendre que cette dystopie contenait malgré tout quelques parties limitées d’une lumière diffuse et réconfortante, réchauffante qui venait s’infuser dans les coeurs. C’était une chance qu’on lui a offert et qu’elle a su prendre à temps, une chance de connaître cette affection que jamais on ne lui avait accordé avant. Un mentor et une soeur, que demander de plus ? Elle pouvait demander tellement plus, à commencer par une véritable mère et pas cette guerrière insensible qui ne l’avait jamais vu comme sa fille, plutôt comme un intrus, quelque chose qui n’aurait jamais dû naître. Lueur d’un Jour. Un nom porté par une guerrière qui n’avait même pas l’ombre d’une reconnaissance ou d’un instinct maternel. Soupir. Nuage Sanglant venait de briser l’immuable temps par un simple soupir qui a fait éclaté en milles morceaux de verres le silence qui l’avait tendrement enveloppé et elle parcourut les alentours de ses yeux de sang. Elle finit par s’étirer, son pelage aux nuances de roux entièrement recouvert de neige, et s’ébrouer. Elle était demeurée immobile bien trop longtemps. Pourtant, ce n’était que maintenant que l’onde glaciale traversa tout son corps jusqu’à ses os, la faisant trembler.

Un pas après l’autre, Nuage Sanglant continua d’avancer dans les territoires, sans même avoir la moindre d’idée de l’endroit où elle se rendait. Allait-elle seulement quelque part ? Peut-être qu’au final, elle ne faisait que poursuivre sans cesse le passé dans un espoir vain et inconnu d’elle-même de parvenir à le changer, mais on ne pouvait pas, chère novice guérisseuse, atteindre ainsi les événements qui sont derrières nous. Elle ne le savait que trop bien, sans doute était-ce là le pire, ce qui assombrissait ses prunelles d’une tristesse indéchiffrable et oh combien profonde. Une vague de souffrance à l’âme qui apportait au rouge de son regard une teinte cruellement ombrageuse. Souvenirs, souvenirs qui venaient, qui terrassaient et ne lâchaient pas les esprits, les préservant prisonniers. Son âme l’était bien, emprisonnée dans la toile des mémoires qui tiraient vers le bas des eaux troubles. Et elle marchait comme l’on marche pour se rendre quelque part, mais elle n’allait nulle part, seulement là où la vie la guiderait.

Quelle vie ?

C’était à se demander. Elle avançait et le froid la prenait de toute part, elle tremblait et elle poursuivait sa marche, et cette fois, c’était le temps glacial qui n’avait plus le moindre effet sur elle. Il pouvait bien l’envahir et la frigorifier qu’elle continuerait de marcher, un pas après l’autre et une larme traîtresse sur son pelage. Dans la plus grande des solutions, son masque perdait en clarté et la douleur reprenait surface, noyant méfiance et colère, noyant impatience et révolte, ne laissant que cet océan épuisant d’une douleur vive. Marcher, poursuivre, ne jamais arrêter. Même dans ce moment précis, on voyait le caractère déterminé, persévérant de la novice guérisseuse qui refusait d’arrêter. Comme si faire halte, c’était laisser sa mère gagner. Elle devait lui prouver, prouver qu’elle était plus que la couleur de son regard, prouver qu’elle était plus que haine et rejet, prouver. Et elle le ferait. Elle était Nuage Sanglant, future guérisseuse du Clan de l’Ombre.

Et si elle n’était pas à la hauteur ? Ce serait terrible. Pourtant, elle ne se sentait pas à la hauteur de Jolie Pivoine qu’elle admirait tant. Elle ne se sentait pas à la hauteur de cette féline qui avait pris toute la place dans sa vie pour finalement devenir la seule en qui elle avait confiance, seule féline qui l’avait vu véritablement pleurer. Oh oui, la seule. Elle n’était pas à la hauteur et ne le serait sans doute jamais, mais elle devait faire comme si. Encore feindre, comme elle se trouvait constamment à faire. Sûrement qu’elle en serait capable, de ça. Et puis, progressivement, au loin, dans les terres du Clan de l’Ombre, une intrus. Et plus elle la voyait, plus le mot changeait. Ce n’était pas une intrus, mais une féline qui respirait quelque chose de si terriblement triste, le désespoir peut-être, Nuage Sanglant n’aurait su le dire, mais elle sut d’avance que jamais elle n’aurait le coeur de la chasser d’ici. Et puis elle la reconnut. Danse du Léopard. N’était-ce donc pas la guérisseuse du Clan du Tonnerre ? La féline au pelage roux ne comprenait pas ce que celle-ci faisait sur des terres qui n’étaient pas les siennes. Elle s’approchait et son masque se reconstruisit, doucement, laissant de côté la souffrance, la tristesse, pour revêtir la dureté et la méfiance. Elle s’approcha et contre toutes attentes, elle s’arrêta.

« Danse du Léopard. » Quel masque supporterait autant de souffrance ? Était-ce là uniquement l’extrême sensibilité de Nuage Sanglant qui lui permettait de ressentir ça de la part de la guérisseuse rivale ? Mais elle se sentait si proche et aussitôt mis, aussitôt disparu le masque. L’inquiétude restait. Et la douleur tordait. « Que fais-tu ici ? Ce ne sont pas tes terres. Tu es malade ? Ton Clan est malade ? Tu as besoin d’aide ? » Trop de questions. Mais Nuage Sanglant avait le sentiment de défaillir à chaque instant. L’océan qui menaçait de l’engloutir auparavant était de retour. « C’est la saison des neiges, elle est rude. Dis-moi qu’est-ce qui a, Danse du Léopard, je t’aiderais. Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu peux tout me dire, Danse du Léopard, je ne dirais rien à personne, promis.» L’inquiétude. Alors qu’elles ne se connaissaient pas. Mais Nuage Sanglant ne retrouvait en elle que ce qui bouillonnait dans ses propres veines. Et elle espérait que la guérisseuse ose lui faire confiance, car dans ses yeux ne respiraient que la compassion la plus sincère et ces émotions épuisantes qui l'épuisaient.

La souffrance.
Dans toutes ses formes,
et surtout la plus pur.

La souffrance vient aussi bien de la compréhension que de l'ignorance.


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MessageSujet: Re: L'hiver de ta vie est ton second printemps.   Dim 05 Mar 2017, 15:32

Nuage Sanglant était l’apprentie guérisseuse du Clan de l’Ombre. C’était une belle féline au pelage roux si flamboyant qu’il semblait s’enflammer pour faire fondre toute la neige qui les entouraient et son regard sanglant, lui, brûler le coeur et l’âme de celui qui la regardait. Mais haut-delà son charme chaleureux, cette femelle avait quelque chose dans son regard qui ne pouvait vous laisser de marbre. Lorsque Danse du Léopard la regardait, elle sentait comme un feu de rage et de désespoir caché au plus profond d’elle même, qui ne demandait qu’à brûler dans une déflagration violente pour s’atténuer. Peut-être avait-elle tort, mais elle ne pouvait se résoudre à penser que sous ce masque de chair et de fourrure, il n’y avait rien d’autre qu’une âme parfaite, sans fissures ni blessures. La guérisseuse le savait: elle même avait longuement expérimenté la douleur si vive que pouvait vous infliger la vie et les personnes qui vous entouraient. Et aujourd’hui encore, elle devait y faire face. Mais c’était ce jour là, c’était une plaie d’un autre genre. La plaie du pêché, celle que vous devez porter car vous avez commis l’irréparable en connaissance de cause. Celle que vous aviez sous estimé et qui aujourd’hui vous ronge le corps et l’esprit dans la plus insoutenable des tempêtes.

« Danse du Léopard. Que fais-tu ici? Ce ne sont pas tes terres. »
Les guérisseurs n’ont ni terres ni frontières, Nuage Sanglant, pensa la guérisseuse, pas dans les temps de paix. Mais es-tu vraiment une guérisseuse, Danse du Léopard?
« Tu es malade? »
Ô oui, très malade. Le pêché me pourri de l’intérieur. Il me ronge sans jamais dénier me laisser de répit.
« Ton clan est malade? »
Oui, et la maladie, c’est moi. Mon clan est condamné à porter les déboires d’une guérisseuse déchue ayant brisé les codes pourtant immuables.
« Tu as besoin d’aide? »
Oui. J’ai besoin de parler, d’expulser cette moisissure de mon corps, de la vomir toute entière. J’ai besoin de toi, Nuage Sanglant. Tu es apprentie, mais aussi guérisseuse. Tu es importante. Tu représente, avec ceux des autres clans, la foi, la santé et l’équilibre de la forêt. Et moi aussi. J’ai besoin de ton aide.
« C’est la saison des neiges, elle est rude. »
Rude dans les corps et les esprits. La saison des neiges brise, amplifie les tensions dans et entre les Clans. Malgré sa froideur, elle brûle. Malgré l’enfer qu’elle engendre, elle gèle tout ce qui vit autour d’elle.
« Dis moi ce qu’il y a, Danse du Léopard je t’aiderais. Qu’est ce qui ne va pas? Tu peux tout me dire, Danse du Léopard, je ne dirais rien à personne, promis. »
Dans la voix de l’apprentie raisonnait l’espoir de la guérisseuse. Elle n’était pas seule. Elle ne l’avait jamais été. Nuage Sanglant était là, devant elle. Elle lui parlait. Et cet acte pourtant si simple réchauffait déjà les engelures de la féline tachetée. Relève toi, Danse du Léopard. Tu as tant à dire, tant à faire et tant à demander. Relève toi, relève ta tête. Sèche tes larmes, Danse du Léopard. Elles gèlent et tombent sur la glace comme de petites perles qui viennent se briser sur le duvet de neige. Sèche tes larmes, car il y a de l’espoir.

« Il n’y aura rien à cacher, Nuage Sanglant », fit-elle d’une voix douce tout en se relevant. « J’ai brisé le code du guérisseur. J’ai aimé et enfanté. Mais ils sont encore jeunes et faibles, et ne méritent pas de payer pour mes erreurs. L’un d’entre eux est malade. Il risque le Mal Vert, et nous n’avons plus de plantes. »

Les larmes dans les yeux de Danse du Léopard brillaient comme de petites étoiles perdues dans le firmament. Avoir parlé, avoué, expulsé ses mots étaient pour elle comme le début de la libération. C’était comme si elle crachait cette erreur hors de son corps et de son âme, pour, avec le temps, s’en débarrasser à jamais.
Oui, la guérisseuse avait aimé. Aimé un solitaire pendant quelques lunes à peine avant qu’il ne disparaisse de la forêt comme il était apparu; sans trace ni raison. Elle avait aimé et goûté au plaisir de se sentir aimer. C’était une sensation qu’elle n’avait malheureusement jamais pu ressentir dans ces jours passés, et ils étaient si délicieux qu’elle n’avait pu les rejeter comme elle l’aurait du. Et à présent, ils avaient un goût amer.
Parfois, elle aimait se demander si tout aurait été pareil si elle avait eut une mère ou un père pour l’aimer, lui sourire et l’apprécier. Non pas que la guérisseuse n’était pas aimée des autres membres de son clan, loin de là, mais cet amour était une forme d’amour plus puissante, plus envoutante qui vous donnait l’envie d’y gouter plus encore. Mais c’était une faute que d’en être avide. Vouloir s’approprier ce sentiment n’avait pour conséquence que de le rendre écoeurant et poisseux. Mais alors il vous colle à la peau et il est difficile de s’en débarrasser. C’était d’une douleur à vous en rendre fou.

À présent, Danse du Léopard pouvait sentir petit-à-petit l’emprise de ce « monstre » la quitter, mais combien de jours de souffrance avait-elle passé, et combien de temps devrait-il s’écouler avant que sa faute ne soit acceptée par d’autres? Combien de temps les chatons qu’elle avait mis au monde devraient-ils porter le fardeau qu’elle avait créé? La guérisseuse le savait: leurs origines avaient brisé le code du guerrier et du guérisseur. Ils porteraient leur croix jusqu’à leur mort.
Nuage Sanglant était encore si jeune et avait toutes les cartes en main pour devenir un jour une excellente guérisseuse. Ainsi, elle espérait que cette jeune apprentie, jamais ne commette l’irréparable. Elle semblait souffrir au fond d’elle même, et la souffrance était comme un renard perfide déguisé vous menant à cette fin.

« Ô Nuage Sanglant, tu es si belle et jeune, promet-moi de ne jamais commettre la même erreur. Promet-moi de ne jamais laisser ton coeur céder aux charmes d’un être cher. »

[Hors-Rp: Ta réponse est vraiment magnifique!! Désolée, la mienne n'est pas terrible :( ]
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MessageSujet: Re: L'hiver de ta vie est ton second printemps.   Mer 14 Juin 2017, 21:14

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C’est un océan de douleur qui la submerge, qui lui coupe le souffle et l’empêche de retrouver une respiration que l’on pourrait nommer comme adéquate. Et cette douleur se couple à l’inquiétude pour une féline qu’au final, elle ne connaît pas réellement. Une sensation étrange, mais pourtant familière, elle qui s’enferme dans un masque de méfiance… méfiance non-feinte, il faut le noter, mais un masque tout de même : elle n’était pas que méfiance, que froideur, que colère. Elle était bien plus que ça, une boule d’inquiétude, d’incertitude. Et maintenant, l’angoisse et la compassion se mêlaient à une souffrance trop souvent refoulée pour serrer sa gorge, pour nouer son estomac. Elle ne savait plus quoi faire. Qu’était-elle, après tout, sinon une imposteuse à ce titre d’apprentie-guérisseuse ? Rien. Elle n’était rien. Pas même une toute petite poussière qui trouverait un grain d’importance. Apprentie-guérisseuse et quoi, ensuite ? Guérisseuse ? Ce titre ne devait pas lui revenir parce qu’elle ne le méritait pas pas plus qu’elle ne méritait quelconque amour, quelconque amitié. N’était-ce donc pas pour cela que sa mère ne lui accordait que haine ? Sans doute, oui, sans aucun doute.

Pourtant, présentement, rien de tout cela importait. La seule chose qui restait dans le regard de sang que la femelle était un éclat - non, pas un éclat, un torrent - d’inquiétude à l’encontre de cette guérisseuse qui méritait ce titre. Nuage Sanglant demeurait là, immobile, incertaine, comme toujours, impuissante et inutile, après avoir lancé des paroles qui n’ont peut-être pas plus de sens que sa pauvre existence. Néanmoins, elle vit Danse du Léopard se relever, et une bouffée d’air s’engouffra dans ses poumons pour lui donner la chance de respirer un peu mieux. Si la femelle du Tonnerre se relevait, cela ne signifiait-il pas qu’elle reprenait quelques forces, même infimes ? Elle espérait. Nuage Sanglant tentait, depuis le début, de déceler l’odeur du sang, de trouver une blessure qui expliquerait cet état, en vain et ça venait la conforter dans sa certitude de ne rien valoir, de voler le titre d’apprentie-guérisseuse à un chat qui y ferait honneur, pas honte. Parce que tout ce qu’elle discernait, c’était cette souffrance qui lui semblait si pur, et qui la dévastait parce qu’elle s’y sentait si proche. Brièvement, elle ferma les yeux, dans une tentative inefficace d’apaiser l’angoisse qui la tourmentait.

Et alors, la voix de la guérisseuse, Danse du Léopard, s’invita dans les airs. Elle était douce. Mais la douceur n’était que traîtrise dans une telle manifestation de douleur, d’abysses insondables de son coeur déchiré. Comment cette féline pouvait encore posséder cette douceur alors que le chaos régnait partout, autour d’elle et, selon Nuage Sanglant, en elle ? Cette dernière l’admirait pour ça. Et puis, les paroles s’incrustèrent dans l’espoir de l’ombreuse et elle recula légèrement, plongea ses deux billes rouges maintenant animées d’une colère propre - dans laquelle résidait les traces d’inquiétude. Le code du guérisseur ? Elle ne l’avait jamais aimé ! Qui pouvait bien décider que les guérisseurs n’avaient pas le droit de tomber amoureux d’un autre ? Cette loi n’était rien d’autre que foutaise, et celle qui en découlait concernant les petits n’était que ça également. Foutaises. C’était un grondement de rage qui ébranlait maintenant la femelle. Elle ne pouvait pas croire qu’on restreignait ainsi les chats qui avaient un si grand coeur qu’ils se décidaient de vouloir soigner toute leur vie leurs camarades, qu’ils les aiment ou non. C’était l’injustice totale et ça imposait dans tout son être un instinct de révolte grandissant au fil des jours. Alors que cette guérisseuse honorable se retrouve dans une souffrance et que celle-ci se trouve amplifiée par des règlements qui ne valaient rien, Nuage Sanglant ne voulait pas y croire, elle était totalement hors d’elle. Sa queue fouettait le sol, soulevant des couches de neige.

Et lorsque Danse du Léopard exprima son souhait, le pelage de la femelle appartenant au Clan de l’Ombre s’hérissa. Elle ne savait pas à qui elle appartenait vraiment, au final, peut-être que sa loyauté n’allait qu’à son mentor, pas au Clan qui l’avait toujours détesté et rejeté, pas à ceux qui l’avaient insulté et rabaissé, mais elle savait que pour l’instant, elle faisait partie du Clan de l’Ombre. Mais ça ne changeait rien, rien de l’instant présent où la révolte, la colère, le sentiment d’injustice prenaient le dessus et lui donnaient le sentiment de n’être rien qu’une bombe à retardement qui s’apprêtait à exploser. Elle se tenait immobile, tremblante, avec ce regard lançant des éclairs. Nuage Sanglant, elle, espérait. Elle espérait rencontrer un jour ce félin qui ferait battre son coeur. Elle espérait connaître ce dont on l’avait toujours privé, que quelqu’un puisse, un jour, voir au-delà des apparences, se plonger dans ce coeur tourmenté et meurtri qui ne demandait maintenant rien de plus que le calme qu’on refusait de lui accorder. Elle espérait, bien que ce soit contraire à ce fichu code du guérisseur qui lui donnait envie de vomir à chaque fois qu’on prononçait son nom. Elle espérait, tout simplement et dans sa situation, tout espoir était bon à prendre.

« Ne parles pas de ce code ! » Feulement. « Il ne signifie rien ! » Tremblements. « Ne parles pas de ce code parce que je ne veux rien savoir de lui et que tu ne devrais pas le laisser te tuer à petit feu. Ce n’est qu’injustice et ne me réponds pas que la vie est injuste, je le sais ! » Pause. Elle respira profondément. « Je vais aller te chercher de l’herbe à chat. Je vais aller te chercher toutes les herbes dont tes enfants ont besoin pour que tu puisses les sauver. Et je te jure, Danse du Léopard, je te le jure haut et fort, sans aucune hésitation, que je donnerais ma vie pour changer ce code. Pour le faire tomber. Pour que tu puisses vivre sans crainte, sans regret, avec tes enfants. Je t’en fais la promesse, le serment.»


La nostalgie ? Ca vient quand le présent n'est pas à la hauteur des promesses du passé.


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